Mollusque

Fascicule 9 :Les mollusques

Table des matières de ce fascicule
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Introduction

L’embranchement des mollusques est très diversifié. C’est même l’embranchement qui compte le plus d’espèces décrites après celui des arthropodes. Les mollusques sont présents sur terre, en eau douce et en eau de mer, seuls les airs ne sont pas (encore) conquis par ces organismes.

Les mollusques tiennent leur nom de leur corps mou. On les distingue généralement par deux grandes caractéristiques. La première est la présence d’une coquille calcaire qui protège leur corps mou. La deuxième est leur sorte de langue râpeuse, la radula. On peut imaginer celle-ci comme une langue recouverte de milliers de petites dents chitineuses agissant comme une râpe, une scie ou même une perceuse. Les chitons s’en servent pour brouter, les patelles s’en servent pour gratter la roche, les céphalopodes s’en servent pour écraser leurs proies, les murex perceurs pour forer les coquilles de leurs proies. La liste n’est pas exhaustive !

L’embranchement des mollusques est très diversifié et variable dans ses configurations anatomiques : toutes les espèces ne présentent pas nécessairement de coquille apparente et les bivalves qui privilégient la filtration n’ont pas de radula.

Le schéma représenté ci-dessous ne correspond pas à un mollusque existant mais à ce qu’on appelle un archétype. Il s’agit en fait d’une représentation la plus générique possible d’un mollusque. Elle ne prend donc pas en compte les différentes adaptations des différentes classes de mollusques mais elle permet de comprendre leur structure générale.

schéma mollusque

Les mollusques sont composés d’un corps mou. La plupart des espèces présentent un pied musclé qui leur permet de se déplacer ou de se fixer à la roche par un effet de ventouse. La coquille calcaire est produite par le manteau. Son développement prend du temps. Dès lors, il est possible d’estimer l’âge du mollusque par les stries de croissance visibles à la surface de la coquille. Le système nerveux se compose de ganglions reliés entre eux et est relativement rudimentaire sauf chez certains céphalopodes. Lors de nos plongées en Zélande, nous pourrons rencontrer quatre classes de mollusques que nous présenterons successivement : les polyplacophores, les bivalves, les céphalopodes et les gastéropodes.


La classe des polyplacophores

Le nom peut paraître barbare mais il explique tout. En grec, « poly » veut dire plusieurs et « placophore » veut dire qui porte des plaques. Un polyplacophore est donc un organisme qui porte plusieurs plaques !

En effet, contrairement aux gastéropodes qui ont une seule coquille de forme spiralée, le polyplacophore possède une armure articulée composée de 8 plaques calcaires imbriquées les unes dans les autres. Cela lui permet de s’enrouler en boule pour se protéger, un peu comme un cloporte ou un tatou !

Les polyplacophores sont de forme ovale. Le bord du corps est appelé le ceinturon. Il dépasse de la coquille et peut être lisse, granulLes polyplacophores sont de forme ovale.

Certaines espèces de polyplacophores possèdent des milliers de minuscules yeux de constitution simple appelés esthètes. Ceux-ci sont intégrés directement dans les plaques calcaires. Ils ne voient pas les détails mais ils détectent les changements de lumière, ce qui prévient les polyplacophores si un prédateur potentiel passe au-dessus d’eux.

polyplacophore

Le chiton petit âne

(Polyplacophore)

Nom scientifique :
Leptochiton asellus

Taille :
ne dépasse pas 1,8 cm de longueur.

Couleur :
La couleur des plaques se situe généralement entre blanc cassé et jaune. Elles sont incrustées de noir dans les deux tiers postérieurs.

Où la trouver ?
Le chiton petit âne vit exclusivement fixé sur les substrats [] rocheux, de la surface jusqu’à 25 m de profondeur, surtout dans les zones battues par le ressac.

Chiton petit âne sur moules au Pont de Zélande

Chiton petit âne sur moules au Pont de Zélande

Chiton petit âne

Critères de reconnaissance :
A l’inverse du chiton cendré qui présente une carène nette sur la face dorsale, le chiton petit âne présente une face dorsale plus régulièrement arrondie, sans carène nette. Les incrustations noires à l’arrière des plaques aident également à l’identification.




Les chitons sont surtout actifs de nuit. Le jour, ils restent sédentaires, fermement fixés à leur rocher en emprisonnant de l’eau sous leur coquille.

Les chitons sont herbivores. Ils sont équipés d’une solide radula [] contenant plusieurs rangées de dents qui permettent de brouter la couche d’algues calcaires recouvrant la roche. Avec une teneur élevée en phosphate et en fer, les dents de la radula [] sont parfaitement adaptées au décapage de la roche.


Le chiton cendré

(Polyplacophore)

Nom scientifique :
Lepidochitona cinerea

Taille :
jusqu’à 2,4 cm de longueur.

Couleur :
Souvent gris ou olivâtre, la couleur est cependant très variable.

Où le trouver ?
Le chiton cendré vit exclusivement fixé sur les substrats [] rocheux, de la surface à quelques mètres de profondeur, surtout dans les zones battues par le ressac.

Chiton cendré au Pont de Zélande

Chiton cendré au Pont de Zélande

Les bandes radiales du ceinturon [] sont particulièrement bien visiblessur ce chiton cendré photographié à Den Osse

Les bandes radiales du ceinturon [] sont particulièrement bien visiblessur ce chiton cendré photographié à Den Osse

Critères de reconnaissance :
Le chiton cendré se distingue du chiton petit âne par une carène médiane [] très prononcée en haut de la face dorsale. Le ceinturon [] est étroit, de couleur blanc crème et marbré de motifs vert foncé souvent disposés sous forme de bandes radiales mais parfois aussi de manière plus aléatoire.



Le chiton cendré craint la lumière et résiste mal à la dessiccation à marée basse. La face inférieure des pierres est un refuge privilégié pour lui.

Le chiton cendré se déplace la nuit pour brouter des algues sur les rochers mais il est capable de retrouver exactement la même petite dépression dans le rocher où il s’installe pendant la journée !


La classe des bivalves

Les bivalves constituent une partie essentielle du tapis vivant qui recouvre les fonds des plans d’eau de Zélande.

Chez les bivalves, la coquille est constituée de deux parties appelées valves.

Les valves [] s’articulent entre elles par un ligament élastique faisant office de charnière.

Les bivalves n’ont pas de tête distincte. Ils sont également dépourvus de radula [] et se nourrissent par filtration de l’eau de mer au niveau des branchies. Ces dernières interviennent aussi dans la respiration.

Les bivalves sont des filtreurs particulièrement actifs : une seule huître creuse peut filtrer jusqu’à 5 litres d’eau par heure !

Les moules et les huîtres vivent fixés sur des rochers.

Les huîtres soudent leurs coquilles sur les substrats durs, les moules s’attachent par les filaments de leurs byssus [].

De nombreuses espèces de bivalves s’enfouissent dans le sable et les sédiments meubles grâce à leur pied.

bivalve

Grâce à la forme de leurs siphons, il est souvent possible d’identifier les bivalves enfouis dans les sédiments sans devoir les déterrer. Un document librement téléchargeable les détaille : Müller, Yves. (2016). Reconnaître les principaux bivalves fouisseurs ou foreurs au moyen de leurs siphons. Le QR-Code ci-contre vous permet d’y accéder directement.


L’huître creuse du Pacifique

(Bivalve)

Nom scientifique :
Magallana gigas

Taille :
Les plus âgées mesurent jusqu’à 30 cm de longueur.

Couleur :
La couleur est souvent grisâtre à verdâtre. Cette couleur n’apparaît parfois plus quand l’huître est recouverte d’épiflore [] ou d’épifaune [].

Où la trouver ?
Si on excepte quelques sites de plongée dont le substrat [] est exclusivement sableux sans point solide de fixation, le tapis d’huîtres creuses recouvre parfois la totalité du fond marin, même dans la zone de balancement des marées.

Huître creuse du Pacifique à Kabbelaarsrif

Huître creuse du Pacifique à Kabbelaarsrif

Tapis d’huîtres creuses à Wemeldinge (Klein Stelle)

Tapis d’huîtres creuses à Wemeldinge (Klein Stelle)

Critères de reconnaissance :
La valve [] inférieure est profondément creuse et sculptée de grossières arêtes concentriques crénelées et souvent très coupantes.



La dénomination scientifique Crassostreas gigas longtemps donnée à l’huître creuse n’est plus valide depuis 2017.

Introduite dans 48 pays dont les Pays-Bas depuis le début du XXe siècle pour remplacer les stocks d’huîtres indigènes épuisés par la surexploitation ou les maladies, elle est aujourd’hui l’huître la plus élevée au monde.

Colonisatrice, elle devient souvent invasive par le développement de populations sauvages issues des installations ostréicoles.


L’huître plate

(Bivalve)

Nom scientifique :
Ostrea edulis

Taille :
Le diamètre est souvent compris entre 7 et 10 cm.

Couleur :
L’extérieur de la coquille est généralement brun grisâtre.

Où la trouver ?
L’huître plate est présente depuis la zone de balancement des marées jusqu’à 30 m de profondeur. Elle est le plus souvent fixée sur un substrat [] dur mais on rencontre aussi des spécimens détachés sur le fond.

Huître plate détachée sur le fond à Bommenede

Huître plate détachée sur le fond à Bommenede

Huîtres plates au Pont de Zélande

Huîtres plates au Pont de Zélande

Critères de reconnaissance :
La valve [] inférieure n’est que faiblement creusée. La valve [¥] supérieure, plate, présente des aspérités légères beaucoup plus petites que celles observées sur une huître creuse.


Alors que l’huître creuse a été importée depuis les côtes japonaises de l’océan Pacifique, l’huître plate est l’huître locale par excellence de la Zélande.

Plus sensible au froid et aux maladies que l’huître creuse et nécessitant un temps de production plus long avant sa commercialisation, elle avait quasiment disparu depuis le début des années 1960.

Aujourd’hui, elle semble se multiplier à nouveau tout en restant encore largement minoritaire par rapport à l’huître creuse.


La moule commune

(Bivalve)

Nom scientifique :
Mytilus edulis

Taille :
Selon l’âge de la moule, les valves [] mesurent de 1 à 7 cm de longueur.

Couleur :
La coloration générale des valves [] est noir bleuâtre, parfois brune.

Où la trouver ?
Elle vit depuis la zone de balancement des marées jusqu’à 10 m de profondeur, fixée sur différents substrats [] durs.

Banc de moules communes à Dreischor

Banc de moules communes à Dreischor

Siphons inhalants [] et exhalants [] largement ouverts de moules en pleine filtration

Siphons inhalants [] et exhalants [] largement ouverts de moules en pleine filtration

Critères de reconnaissance :
La moule étant un des leaders des cuisines belge et du Nord de la France, aucun plongeur ne peut manquer l’identification de ce coquillage célébrissime !



Pour ne pas être emportée, la moule s’attache au substrat [] par ses filaments byssaux []. Ceux-ci résultent d’une réaction chimique entre des protéines liquides sécrétées par la moule et l’eau de mer qui transforme instantanément ces protéines liquides en fils solides et élastiques.

A Anna Jacobapolder et à Oesterdam notamment, des éleveurs abandonnent la culture de leurs moules à plat sur le fond marin pour une culture sur cordes suspendues en pleine eau. Si vous vous en approchez, respectez leur travail.


Le pétoncle noir

(Bivalve)

Nom scientifique :
Mimachlamys varia

Taille :
La longueur maximale mesure jusqu’à 8 cm mais elle se situe le plus couramment entre 4,5 cm et 5,5 cm.

Couleur :
Comme varia l’indique dans le nom scientifique, le pétoncle noir est de couleur variable. On trouve des coquilles violettes, rouges, jaunes, brunes, roses, orange présentant parfois des taches.

Où le trouver ?
Certains pétoncles noirs vivent libres sur des fonds meubles sablo-vaseux. D’autres sont fixés par un byssus [] à différents substrats, coquilles vides, petits cailloux ou rochers entre 0 et 20 m de profondeur.

Pétoncle noir à Wemeldinge (Kattendijke)

Pétoncle noir à Wemeldinge (Kattendijke)

L’orange de la coquillepermet de bien visualiser l’asymétrie des oreillettes [] du pétoncle noir.

L’orange de la coquillepermet de bien visualiser l’asymétrie des oreillettes [] du pétoncle noir.

Critères de reconnaissance :
La coquille est marquée de 25 à 35 côtes hérissées de petites excroissances, ce qui rend le pétoncle noir immédiatement identifiable au toucher. Les oreillettes [] sont très asymétriques.



Le pétoncle noir est hermaphrodite [] protandre [] : mâle durant ses premières années, il devient femelle ensuite.

Sa sédentarité relative et la rugosité de ses valves [] font du pétoncle noir un support pour une épiflore [] et une épifaune [] abondantes.


La bucarde rouge

(Bivalve)

Nom scientifique :
Acanthocardia echinata

Taille :
La coquille mesure entre 4 et 5 cm dans sa plus grande dimension.

Couleur :
Généralement brune, plus ou moins claire selon les individus.

Où la trouver ?
A partir de la surface, sur les fonds de sable fin ou légèrement graveleux et vaseux.

Bucarde rouge à Dreischor

Bucarde rouge à Dreischor

Les épines coniques et pointues caractéristiques de la bucarde rouge sont bien visibles sur ce spécimen photographié en Méditerranée près de Port-Camargue.

Les épines coniques et pointues caractéristiques de la bucarde rouge sont bien visibles sur ce spécimen photographié en Méditerranée près de Port-Camargue.

Critères de reconnaissance :
La coquille circulaire ventrue à valves [] symétriques porte de 18 à 23 côtes rayonnantes. Ces côtes portent des épines blanches, coniques et pointues.



Grâce à son long pied rouge en forme de fer de hache, la bucarde rouge se déplace aisément sur les fonds marins. Ce pied peut mesurer jusqu’à 2 fois la longueur de la coquille. Il sert à l’enfouissement et a la particularité de se gonfler ou de se dégonfler grâce à un afflux de sang.

Comme de nombreux bivalves enfouis dans le sable, la bucarde rouge utilise son siphon inhalant [] qui en dépasse pour filtrer l’eau qui lui apporte l’oxygène et la nourriture. Les déchets sont rejetés par le siphon exhalant [].


La coque commune

(Bivalve)

Nom scientifique :
Cerastoderma edule

Taille :
La coquille mesure entre 1,5 et 3,5 cm de longueur.

Couleurs :
La couleur externe de la coquille varie selon les individus de beige à ocre en passant par le brun.

Où la trouver ?
Enfouie légèrement sous la surface dans les substrats [] sableux ou sablo-vaseux de la zone de balancement des marées.

Coque commune à Oesterdam

Coque commune à Oesterdam

Espèce appréciée et largement commercialisée, la coque se retrouve à la devanturede nombreuses poissonneries.

Espèce appréciée et largement commercialisée, la coque se retrouve à la devanturede nombreuses poissonneries.

Critères de reconnaissance :
La coque présente deux valves [] identiques légèrement dissymétriques. Chaque valve [] possède de fortes sculptures radiales et des stries de croissance bien marquées.



Dès que la marée montante recouvre la coque commune, celle-ci déploie ses siphons à la surface du substrat []. Le siphon inhalant [] aspire l’eau qui apporte oxygène et nourriture et le siphon exhalant [] évacue l’eau filtrée et les déchets.

Le pied jaune et coudé de la coque facilite son enfouissement mais lui permet aussi d’effectuer des bonds pour échapper aux prédateurs !


La palourde commune

(Bivalve)

Nom scientifique :
Ruditapes decussatus

Taille :
La coquille mesure entre 4 et 5 cm de longueur.

Couleur :
Souvent terne, la couleur de la coquille peut varier selon les individus ; grise, brunâtre ou blanchâtre.

Où la trouver ?
Depuis la zone de mi-marée jusqu’à 10 m de profondeur, enfouie à quelques centimètres de profondeur dans des substrats [] meubles variés (sable, petits graviers vaseux et sable bien abrités du ressac).

Palourdes communes à Dreischor

Palourdes communes à Dreischor

Palourde commune avec les siphons visibles, séparés sur toute leur longueur

Palourde commune avec les siphons visibles, séparés sur toute leur longueur

Critères de reconnaissance :
Sur les valves [], des côtes rayonnantes très serrées et des stries concentriques assez prononcées donnent un aspect quadrillé, surtout dans les parties postérieures et antérieures.



Recherché par les gastronomes, ce mollusque fait l’objet d’aquacultures importantes sur les côtes atlantiques françaises, espagnoles et portugaises, de même qu’en Méditerranée.

L’appellation vernaculaire [] « palourde » est ambigüe : selon les zones géographiques, le terme désigne des bivalves différents.


La palourde-poulette

(Bivalve)

Nom scientifique :
Venerupis corrugata

Taille :
La coquille mesure entre 4 et 5 cm de longueur.

Couleur :
La coquille extérieure est souvent de couleur claire, crème ou jaunâtre, avec parfois des motifs en zig-zag ou des taches brunes.

Où la trouver ?
La palourde-poulette est généralement plus commune dans les zones de courant modéré tandis que la palourde commune préfère les sables un peu plus vaseux et abrités.

Palourde-poulette au Pont de Zélande

Palourde-poulette au Pont de Zélande

L’observation de l’intérieur des coquillesde bivalves morts peut aider 
à la détermination des espèces.

L’observation de l’intérieur des coquillesde bivalves morts peut aider
à la détermination des espèces.

Critères de reconnaissance :
Si la palourde commune présente des stries radiales nettement marquées et un quadrillage très saillant, la palourde-poulette présente des stries très fines et un quadrillage discret. A l’opposé de la palourde commune, la palourde-poulette est lisse au toucher.

Si on ne trouve plus de palourde commune à plus de 10 m de profondeur, on trouve des palourdes-poulettes jusqu’à 40 m de profondeur.



Alors que les siphons de la palourde commune sont séparés sur toute leur longueur et forment un V, les siphons de la palourde-poulette sont quant à eux soudés sur presque toute leur longueur.


La mye des sables   

(Bivalve)

Nom scientifique :
Mya arenaria

Taille :
Epaisse mais fragile, la coquille elliptique mesure jusqu’à 12 cm de longueur.

Couleur :
Les valves [] sont blanchâtres et mates.

Où la trouver ?
Sur les fonds vaseux ou sableux dans lesquels elle s’enfonce verticalement jusqu’à 30 ou 40 cm de profondeur.

Myes des sables à Geersdijk

Myes des sables à Geersdijk

Repérer à la surface des sédiments les 2 siphons de la mye nécessite une grande attention.

Repérer à la surface des sédiments les 2 siphons de la mye nécessite une grande attention.

Critères de reconnaissance :
La taille et l’absence de stries radiales sur la coquille distinguent facilement la mye des sables des palourdes. Les deux siphons non rétractiles de la mye sont de grande taille, entre 10 et 17 cm de longueur. Ils sont soudés entre eux et enveloppés dans une membrane résistante.



Les puissants siphons de la mye lui permettent d’assurer, tout en restant bien enfoncée dans les sédiments [] meubles, ses fonctions de nutrition, de respiration et d’excrétion.

La mye stocke des toxines, des métaux lourds et de nombreux polluants dans ses organes et dans sa coquille. Cela fait d’elle un bon indicateur de l’état de pollution des sédiments.


La fausse pholade     

(Bivalve)

Nom scientifique :
Petricolaria pholadiformis

Taille :
La coquille mesure entre 3 à 6,5 cm de longueur dans sa plus grande dimension.

Couleur :
de blanc crayeux à jaunâtre selon les individus.

Où la trouver ?
La fausse pholade creuse des galeries dans les sédiments [] fins ou très fins mais plus ou moins durcis et recouverts de vase, depuis l’estran jusqu’à 8 à 10 m de profondeur.

Fausse pholade au Pont de Zélande

Fausse pholade au Pont de Zélande

Fausse pholade

Critères de reconnaissance :
L’extérieur des valves [] est couvert d’une quarantaine de stries rayonnantes. Les 10 premières sont nettement plus marquées et forment de véritables côtes présentant de courtes épines régulièrement espacées. Les stries de croissance sont nettement moins marquées mais néanmoins bien visibles.



Contrairement à d’autres mollusques qui s’enfouissent dans le sable, la fausse pholade perfore les substrats dans lesquels elle demeure. Elle utilise son pied musclé pour se fixer au substrat et fait osciller sa coquille d’avant en arrière. Les stries sur sa coquille agissent comme une râpe et, sa vie entière, la fausse pholade agrandit ainsi sa galerie au fur et à mesure qu’elle-même grandit.


Les couteaux  

(Bivalve)

Nom scientifique :
Ensis spp.

Taille :
Les coquilles étroites et longues mesurent de 13 à 16 cm de longueur.

Couleurs :
Les valves [] sont généralement blanc cassé à grisâtre.

Où les trouver ?
Sur les fonds de sable fin légèrement vaseux dans lesquels ils s’enfoncent verticalement jusqu’à 50 cm de profondeur.

Couteau américain à Dreischor

Couteau américain à Dreischor

couteaux

Critères de reconnaissance :
Un siphon inhalant [] et un siphon exhalant [] sont situés à la partie postérieure de la coquille qui émerge du sédiment. Ils présentent une couronne de fins tentacules à leur base.



Arrivé en 1984, le couteau américain (Ensis leei) est aujourd’hui l’espèce de couteau la plus commune en Zélande. Néanmoins, il arrive encore de rencontrer des couteaux arqués (Ensis magnus) aux valves [] plus arquées ou des couteaux-sabres (Ensis ensis) aux valves [] plus étroites et plus courbées encore. La distinction entre ces espèces n’étant pas évidente, nous nous en tenons à une dénomination générique Ensis spp.

Pour s’enfoncer dans le sable compacté en quelques secondes, le couteau détend son pied pour s’ancrer puis contracte brusquement son corps. Ce mouvement rapide aspire de l’eau le long de la coquille et transforme le sable solide autour de lui en un sable mouvant dans lequel le couteau peut glisser sans effort. Une fois le mouvement terminé, le sable se compacte à nouveau et le mollusque est solidement fixé !


La classe des céphalopodes

Quatre caractéristiques majeures distinguent radicalement les céphalopodes des autres classes de mollusques.

1. La transformation du pied en bras

Chez la majorité des mollusques, le pied est une masse musculaire ventrale servant à ramper. Chez les céphalopodes, ce pied a migré vers la tête et s’est divisé en bras munis de ventouses.

2. Un système nerveux centralisé et performant

Alors que les autres mollusques ont un système nerveux assez diffus, les céphalopodes possèdent un véritable cerveau protégé par une capsule cartilagineuse.

Ils montrent des capacités d’apprentissage et de résolution de problèmes uniques chez les invertébrés.

Leurs yeux sont très complexes et présentent une structure similaire à celle des yeux des vertébrés, permettant une vision précise et en relief.

3. La réduction ou l’absence de coquille pour gagner en agilité

Elle est soit interne et réduite, soit totalement absente. Seul le nautile conserve une coquille externe mais on n’en trouve pas en Zélande.

4. Un système circulatoire clos

Pour soutenir un métabolisme élevé et des mouvements rapides, les céphalopodes disposent d’un système circulatoire fermé (le sang reste dans des vaisseaux), contrairement aux autres mollusques dont le système est ouvert (le sang baigne directement les organes). Ils possèdent même des cœurs branchiaux auxiliaires pour booster l’oxygénation.

cephalopode

La seiche

(Céphalopode)

Nom scientifique :
Sepia officinalis

Taille : La seiche commune mesure en général entre 15 et 30 cm de long mais elle peut atteindre une longueur maximale de 45 cm.

Couleurs :
La seiche peut faire varier activement le patron de ses couleurs mais les teintes restent dans un mélange de blanc et de marron.

Où la trouver ?
Depuis la surface jusqu’aux plus grandes profondeurs de Zélande. En période de reproduction, on peut les observer près des tipis installés sous l’eau sur certains sites de plongées. Renseignez-vous via votre Guide de la Plongée en Zélande.

Seiche au Pont de Zélande

Seiche au Pont de Zélande

Œufs de seiche au Pont de Zélande

Œufs de seiche au Pont de Zélande

Critères de reconnaissance :
La seiche possède 8 bras et 2 tentacules. Les pupilles en forme de W caractéristique permettent de la distinguer des autres céphalopodes et, notamment, de la sépiole.



Les œufs de la seiche sont noirs et pointus. Lorsque les œufs sont sur le point d’éclore, la coloration noire s’efface et on commence à voir les jeunes seiches au travers de la paroi transparente.

Quand la seiche se sent menacée, elle s’enfuit en larguant derrière elle un nuage d’encre noire. Cette encre a été jadis utilisée pour l’écriture ainsi que pour la photographie.


La sépiole atlantique

(Céphalopode)

Nom scientifique :
Sepiola atlantica

Taille :
D’une longueur de 4 à 5 cm, la sépiole est plus petite que la seiche.

Couleurs :
La sépiole atlantique a une coloration aussi variable que la seiche commune. On distingue cependant souvent des points ronds plus foncés en densité variable comme l’illustrent les deux photos de cette fiche.

Où la trouver ?
Pendant la journée, la sépiole vit souvent cachée sous le sable en eaux peu profondes. Elle sort principalement la nuit pour chasser les crevettes dont elle se nourrit.

Sépiole atlantique à Den Osse

Sépiole atlantique à Den Osse

Sépiole atlantique

Critères de reconnaissance :
La sépiole, comme la seiche, possède 8 bras et 2 tentacules. Elle se distingue des seiches juvéniles par la disposition de sa nageoire. La nageoire de la sépiole ne parcourt que la partie postérieure du corps, la nageoire de la seiche, même juvénile, recouvre tout le pourtour du corps.



Les bras des céphalopodes sont courts et garnis de ventouses sur toute leur longueur. Ils servent principalement à manipuler les proies et à se déplacer.

Les tentacules sont beaucoup plus longs et fins. Ils ne portent des ventouses qu’à leur extrémité. La sépiole les garde généralement rétractés dans des poches et les projette brusquement pour capturer ses proies.


La classe des gastéropodes

Pour structurer nos présentations et faciliter vos identifications des espèces, nous répartirons arbitrairement les gastéropodes en 3 groupes.

1. Les gastéropodes à coquille externe apparente







Ces mollusques sont abrités dans une coquille faite d’un seul tenant généralement en forme de spirale.

Les gastéropodes à coquille externe apparente

2. Les gastéropodes sans coquille apparente et sans appendices dorsaux



Ces mollusques sont dépourvus de coquille externe apparente et ne présentent ni branchie [] ni cérate [] sur le dos.

Si l’élysie verte présente une minuscule coquille spiralée à l’état larvaire, elle ne présente plus aucune coquille à l’état adulte.

La philine à 4 lobes conserve au stade adulte une coquille mais celle-ci est interne et de très petite taille.

Les gastéropodes sans coquille apparente et sans appendices dorsaux

3. Les gastéropodes nudibranches et doridiens





Ces gastéropodes sont démunis de coquille externe apparente et la plupart portent sur le dos des appendices externes caractéristiques.

Les gastéropodes nudibranches et doridiens

Aujourd’hui, on divise généralement ces gastéropodes en deux grands styles de look : les nudibranches au dos recouvert de cérates [] et les doridiens au corps plat et ovale portant un panache branchial [] autour de l’anus.

En effet, depuis la réforme de 2025 de la nomenclature, les doridiens ne constituent plus un sous-ordre des nudibranches. Nudibranches et doridiens constituent deux ordres distincts au sein du superordre des Nudipleura.

schéma gastéropode

Si le panache branchial [] n’a d’autre fonction qu’assurer la respiration des doridiens, les cérates [] des nudibranches remplissent trois fonctions vitales :

Respirer : C’est leur rôle principal. Ils augmentent la surface du corps en contact avec l’eau pour absorber le maximum d’oxygène.

Digérer : Chez beaucoup d’espèces, les canaux du système digestif montent jusque dans les cérates.

Se défendre : Certains nudibranches mangent des anémones ou des méduses venimeuses. Au lieu de digérer toutes les cellules urticantes contenant du venin, ils en transportent une partie intacte jusqu’au bout de leurs cérates []. Si un prédateur tente de les croquer, c’est lui qui ingère le venin ! Les rhinophores sont des organes sensoriels, agissant un peu comme un nez perfectionné. Ils détectent les substances chimiques dissoutes dans l’eau et permettent, même à distance, de trouver de la nourritureou de repérer des partenaires pour la reproduction.


La patelle commune

(Gastéropode à coquille apparente)

Nom scientifique :
Patella vulgata

Taille :
Le plus souvent, moins de 6 cm de diamètre.

Couleur :
La patelle est de couleur grise mais sa coquille est souvent colonisée par des algues, des bryozoaires ou des balanes qui peuvent en faire varier l’aspect.

Où la trouver ?
Sur l’estran [], parfois bien cachée sous les algues brunes du genre Fucus.

Patelles communes à Wemeldinge (Linda)

Patelles communes à Wemeldinge (Linda)

patelle commune

Critères de reconnaissance :
La patelle commune ne peut pas être confondue avec les autres gastéropodes de Zélande car elle arbore une forme conique très caractéristique. A noter que le sommet de son cône peut être un peu arrondi et que des stries radiales peuvent être observées.



La patelle est un animal hermaphrodite [] protandre [] : elle naît mâle et devient femelle par la suite.

La patelle se déplace à marée haute pour aller brouter des algues. Quand la marée redescend, elle retourne à son emplacement de départ sur la roche. Cet emplacement épouse parfaitement la forme de sa coquille. Elle s’y maintient par son pied musculeux. L’eau emprisonnée par la patelle entre sa coquille et la roche lui permet de survivre à la dessication et de respirer.


La crépidule 

(Gastéropode à coquille apparente)

Nom scientifique :
Crepidula fornicata

Taille :
Les plus grands individus situés en bas de l’empilement atteignent 6 cm de diamètre.

Couleur :
La coquille peut arborer diverses couleurs allant du brun-rouge à des couleurs plus claires comme le blanc et le jaune marbrés.

Où la trouver ?
Depuis l’estran [] jusqu’à 20 m de profondeur sur tout type de substrat [] dur, y compris des coquilles ou des carapaces d’autres organismes.

Crépidules à Bommenede

Crépidules à Bommenede

Crépidules

Critères de reconnaissance :
La crépidule a une coquille ovale dont le sommet est tiré vers l’arrière. On peut la reconnaître grâce à la cloison qui couvre la moitié de sa face ventrale et qui lui donne un aspect de pantoufle, d’où le surnom vernaculaire [¥] de pantoufle de mer qui lui a parfois été attribué.



Originaires de l’Atlantique Nord-Ouest, les crépidules sont arrivées en Europe lors de la seconde moitié du XIXe siècle.

Hermaphrodites [] protandres [], les crépidules sont d’abord mâles. Les jeunes mâles sont attirés par des phéromones émises par les femelles et se fixent sur le haut de l’empilement. Ils deviendront femelles quand ils seront à leur tour couverts par un nouvel arrivant mâle.


Le buccin commun 

(Gastéropode à coquille apparente)

Nom scientifique :
Buccinum undatum

Taille :
Généralement, la longueur de la coquille se situe entre 6 et 8 cm mais, exceptionnellement, on peut trouver des spécimens plus grands.

Couleur :
La coquille est beige, jaune, grise ou brune. La partie molle du corps du buccin est blanche tachetée de noir.

Où le trouver ?
On trouve les jeunes dans les cuvettes soumises au balancement des marées et les adultes à toute profondeur sur des substrats [] rocheux ou sableux. Ils laissent sur ces derniers une trace que l’on peut suivre pour les trouver aisément.

Buccin commun à Plompetoren

Buccin commun à Plompetoren

Ponte de buccin.Les œufs sont blanchâtres etont un aspect de papier à bulles.
On peut en trouver parfois échoués sur une plage.

Ponte de buccin. Les œufs sont blanchâtres etont un aspect de papier à bulles.
On peut en trouver parfois échoués sur une plage.




Critères de reconnaissance :
Le buccin se reconnaît facilement à son corps blanc tacheté de noir. Cependant, s’il se rétracte dans sa coquille fermée par un opercule, sa grande taille et sa coquille torsadée permettront quand même de le reconnaître.



Le buccin se nourrit soit de cadavres soit de bivalves vivants qu’il ouvre grâce à son pied musculeux. Il insère ensuite le bord de sa coquille dans celle du bivalve pour la forcer à s’ouvrir.

Les coquillages vendus sous les noms de bulots, de caricoles ou de caracoles sont en fait des buccins communs !


Le murex perceur japonais

(Gastéropode à coquille apparente)

Nom scientifique :
Ocinebrellus inornatus

Taille :
La taille de la coquille se situe généralement entre 3 et 6 cm de longueur.

Couleur :
La coquille arbore diverses couleurs entre gris et brun parfois clair.

Où le trouver ?
Dans le même lieu de vie que les huîtres creuses dont il se nourrit. Il se dissimule volontiers dans les zones couvertes par le varech dentelé (Fucus serratus).

Murex perceur japonais à Sas van Goes

Murex perceur japonais à Sas van Goes

Murex perceur japonais

Critères de reconnaissance :
Le murex perceur japonais a une coquille plus sculptée que celle du buccin commun. Des arêtes parcourent la coquille et lui donnent plus de relief.



Ce murex perce la coquille des huîtres et des autres mollusques grâce à sa radula [] et à un mélange d’acides et d’enzymes qu’il fabrique. Ce mélange ramollit le carbonate de calcium de la coquille. En alternant grattage et ramollissement chimique, le murex perce un trou parfaitement circulaire d’un à deux mm de diamètre en quelques heures ou en plusieurs jours selon l’épaisseur de la coquille. Une fois le trou terminé, il introduit sa trompe à l’intérieur de la perforation et injecte des enzymes digestives directement dans l’huître vivante. Ces enzymes digèrent la chair de la proie et le murex n’a plus qu’à aspirer ce mélange nutritif via sa trompe. Il ne reste alors de l’huître qu’une coquille vide avec un petit trou caractéristique.


La nasse réticulée

(Gastéropode à coquille apparente)

Nom scientifique :
Tritia reticulata

Taille :
La coquille mesure habituellement 3 cm de longueur.

Couleur :
La coquille est généralement dans les nuances de brun, parfois verdâtre ou grisâtre. Le corps est clair et moucheté.

Où la trouver ?
De la surface jusqu’à 40 m de profondeur dans des eaux calmes sur tout type de substrats [].

Nasse réticulée à Bruinisse (De ducs)

Nasse réticulée à Bruinisse (De ducs)

Nasse réticulée

Critères de reconnaissance :
La nasse réticulée est plus petite que le buccin commun et que le murex perceur japonais. Elle s’en différencie surtout par le treillis très caractéristique de sa coquille.



La nasse réticulée est un organisme charognard. Elle peut sentir les cadavres à une grande distance. En plongée, on en trouve parfois en grand nombre sur un animal mort.

La nasse réticulée est très sensible aux perturbateurs endocriniens tels ceux que l’on trouve dans les peintures antifouling [] des bateaux. Ces composés viennent notamment modifier le développement des organes génitaux des femelles qui commencent alors à développer un pénis !


La gibbule cendrée

(Gastéropode à coquille apparente)

Nom scientifique :
Steromphala cineraria

Taille :
1,7 cm de diamètre et de hauteur constitue la taille maximale de la coquille.

Couleur :
La coquille blanc cassé est striée de lignes brunes ou pourpres.

Où la trouver ?
A toutes profondeurs, dans les zones rocheuses et abritées, de même que sur certaines algues vertes.

Gibbule cendrée à Dreischor

Gibbule cendrée à Dreischor

Gibbule cendrée

Critères de reconnaissance :
La coquille conique symétrique et les stries brunes ou pourpres sont caractéristiques et ne permettent pas de confondre cette espèce avec d’autres espèces de gastéropodes de Zélande.



La gibbule cendrée est un herbivore qui se nourrit d’algues mais également du biofilm présent sur les rochers et qui contient toutes sortes de microalgues.

L’étude de fossiles de gibbule cendrée atteste de sa présence dans les eaux des Pays-Bas il y a 100.000 ans. Elle avait disparu lorsque le climat était devenu moins clément. Ce n’est qu’en 1994 qu’elle a fait sa réapparition, vraisemblablement apportée par les transports de coquillages depuis l’océan Atlantique.

L’appellation ancienne de Gibbula cineraria n’est plus valide aujourd’hui.


Les littorines

(Gastéropode à coquille apparente)

Nom scientifique :
Littorina spp.

Taille :
La coquille mesure au maximum 3 cm de diamètre.

Couleur :
La palette de couleurs de la coquille est extrêmement variable, y compris au sein d’une même espèce de littorine. Elle va du jaune au noir en passant par le brun et le rouge.

Où les trouver ?
Bien que les littorines se rencontrent le plus souvent sur l’estran [], on a trouvé des individus à plus de 40 m de profondeur.

Littorines à Wemeldinge (Klein stelle)

Littorines à Wemeldinge (Klein stelle)

Littorines

Critères de reconnaissance :
On peut rencontrer quatre espèces difficilement distinguables de littorines en Zélande.

Littorina littorea est la plus fréquente. Elle arbore généralement une teinte plus foncée que les autres espèces avec une coquille noire et un corps noir et clair.

Littorina saxatilis vit assez haut sur l’estran [], au milieu des pelvéties. Elle a une coquille présentant des sillons creusés.

Littorina obtusata et Littorina fabalis sont plus difficilement distinguables. Il faut regarder les algues brunes qui les hébergent. Littorina obtusata vit principalement dans la ceinture des varechs vésiculeux en haut de l’estran []. Littorina fabalis, plus petite, vit plus bas sur l’estran [], dans la ceinture des varechs dentelés et desascophylles.



Littorina littorea est la seule espèce des quatre à pouvoir être commercialisée en Europe sous le nom de bigorneau.


La limace bulle japonais

(Gastéropode à coquille apparente)

Nom scientifique :
Haloa japonica

Taille :
Les individus adultes mesurent environ 2 à 2,5 cm de longueur.

Couleur :
Le corps de la limace bulle japonaise est brunâtre avec des taches plus claires et orange.

Où le trouver ?
De la surface jusqu’à 15 m de profondeur, sur les substrats [] meubles ou sur les algues vertes ou rouges dont elle se nourrit.

Limace bulle japonaise sur une algue feutre à Dreischor

Limace bulle japonaise sur une algue feutre à Dreischor

Une limace bulle japonaise
et sa ponte sur une algue feutre

Une limace bulle japonaise et sa ponte sur une algue feutre

Critères de reconnaissance :
Le corps est brun moucheté de taches orange. Généralement de petite taille, translucide ou d’une couleur ambre très claire, la coquille externe permet de voir les motifs du manteau [] de l’animal par transparence à travers la paroi calcaire qui passe ainsi souvent inaperçue.



En provenance du japon, la limace bulle japonaise est arrivée en Zélande en 2018 via des transports d’huîtres creuses pour l’ostréiculture.

Ce gastéropode supporte de grandes variations de température et de salinité. La limace bulle japonaise a donc un fort potentiel de dissémination et on pourrait en rencontrer de plus en plus lors de nos plongées au cours des prochaines années.


La philine à 4 lobes

(Gastéropode sans coquille apparente ni appendices dorsaux)

Nom scientifique :
Philine quadripartita

Taille :
Les plus grands spécimens peuvent atteindre 7 à 8 cm de longueur.

Couleur :
L’aspect général est blanc laiteux, légèrement translucide, avec parfois des reflets jaunâtres ou rosâtres dus aux organes internes.

Où la trouver ?
A toutes profondeurs dans des zones à courant faible, sur les fonds sableux ou vaseux et à proximité de zones riches en débris coquilliers.

Philine à 4 lobes à Dreischor

Philine à 4 lobes à Dreischor

Le bouclier céphalique est bien visible sur cette philine photographiée à Dreischorau milieu de vers tubicoles Lanice conchilega.

Le bouclier céphalique est bien visible sur cette philine photographiée à Dreischorau milieu de vers tubicoles Lanice conchilega.

Critères de reconnaissance :
Le manteau [] forme quatre lobes : à l’avant un large bouclier céphalique qui sert de pelle pour s’enfoncer dans le sédiment meuble, à l’arrière un bouclier postérieur et, de chaque côté, un parapode qui est une excroissance du pied.



La philine possède une petite coquille interne, fine et transparente. On peut, avec un bon éclairage, l’apercevoir sous le manteau [] à l’arrière et deviner, au-delà, la masse viscérale qui est plus sombre.

Philine quadripartita est la philine la plus fréquente en Zélande mais Philine punctata et Philine apierta auraient aussi été observées. Dans le doute sur l’espèce précise, il peut être prudent de se limiter à Philine sp.


L’élysie verte 

(Gastéropode sans coquille apparente ni appendices dorsaux)

Nom scientifique :
Elysia viridis

Taille :
La longueur habituelle est de 2 cm environ mais certains individus atteignent 5 cm de longueur.

Couleur :
L’élysie est le plus souvent verte comme son nom l’indique. On trouve cependant des individus dans les tons brun et rouge. L’élysie est mouchetée de points bleus, verts ou blancs.

Où la trouver ?
L’élysie se trouve près des algues dont elle se nourrit. Il faut donc la chercher dès les premiers mètres de vos plongées.

Elysie verte nageant en pleine eau à Bruinisse (De ducs)

Elysie verte nageant en pleine eau à Bruinisse (De ducs)

Les rhinophores [] sur la tête de l’élysie lui permettent de percevoir son environnement chimique.

Les rhinophores [] sur la tête de l’élysie lui permettent de percevoir son environnement chimique.

Critères de reconnaissance :
L’élysie verte se distingue des nudibranches par l’absence de cérates [] et de panache branchial []. On peut aussi la reconnaître à ses nervures dorsales qui lui donnent un aspect de feuille d’arbre qui flotterait en pleine eau.



L’élysie verte se nourrit d’algues dont elle récupère les chloroplastes [] qui demeurent fonctionnels pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Au lieu de les digérer en totalité, l’élysie en transfère une partie dans son corps. Elle devient ainsi capable de produire sa propre nourriture, ce qui est exceptionnel dans le monde animal.


Les éolis

(Gastéropodes nudibranches)

Aeolidia Filomena

Aeolidia papillosa

aeolidia
glauca

Noms scientifiques :   
Aeolidia papillosa, Aeolidia filomenae et Aeolidiella glauca

éolis à papilles (Aeolidia papillosa) à Anna Jacobapolder

En haut une éolis à papilles (Aeolidia papillosa) à Anna Jacobapolder
en bas, une éolis brillante (Aeolidiella glauca) au Pont de Zélande.

éolis brillante (Aeolidiella glauca) au Pont de Zélande.

C’est volontairement que nous associons sous le même intitulé ces trois cousines de la famille des Aeolidiidae. En effet, leur distinction en plongée requiert une observation rapprochée fine et le risque de confusion entre les trois espèces est grand.

Taille :
L’éolis à papilles (Aeolidia papillosa) et l’éolis de Filomène (Aeolidia filomenae) peuvent atteindre une longueur maximale de 12 cm et sont deux des plus grands nudibranches de Zélande. L’éolis brillante (Aeolidiella glauca) est plus petite et ne dépasse pas 3 cm de longueur.

Couleur :
Le beige et le brun sont dominants chez l’éolis à papilles (Aeolidia papillosa) mais on trouve aussi des individus rosés. Les couleurs de l’éolis de Filomène (Aeolidia filomenae) sont variables : beige, saumon et verdâtre. Les cérates [] sont plus clairs que le corps et un motif en Y est parfois visible sur le dos. Le corps de l’éolis brillante (Aeolidiella glauca) est brun clair à brun orangé avec des petits points blancs sur le corps, le pied et les cérates []. L’extrémité des rhinophores est blanche.

Où les trouver ?
L’éolis à papilles (Aeolidia papillosa) et l’éolis de Filomène (Aeolidia filomenae) privilégient les eaux peu profondes et riches en anémones dont elles se nourrissent. L’éolis brillante (Aeolidiella glauca) est moins dépendante de la présence d’anémones et on peut en trouver dans les mares sableuses des zones calmes.

Critères de reconnaissance :
Les cérates [] de l’éolis à papilles (Aeolidia papillosa) sont plus sombres mais jamais aplatis. Les cérates [] de l’éolis de Filomène (Aeolidia filomenae) sont aplatis, larges à la base et recourbés vers l’intérieur, toujours plus clairs que le corps. Les cérates [] de l’éolis brillante (Aeolidiella glauca) sont marqués de petits points blancs caractéristiques.

Les rhinophores [] de l’éolis à papilles (Aeolidia papillosa) sont lisses et coniques. Les rhinophores [] de l’éolis de Filomène (Aeolidia filomenae) sont lisses et translucides, tachetés de blanc ou de brun clair. Les rhinophores [] de l’éolis brillante (Aeolidiella glauca) ont l’extrémité blanche.

Vous n’êtes pas certain de l’identification Aeolidia filomenae pour ce nudibranche ? Contentez-vous d’une dénomination générique Aeolidia sp. C’est déjà très bien !

Vous n’êtes pas certain de l’identification Aeolidia filomenae pour ce nudibranche ? Contentez-vous d’une dénomination générique Aeolidia sp. C’est déjà très bien !


La faceline de Boston 

(Gastéropode nudibranche)

Nom scientifique :
Facelina bostoniensis

Taille :
Les plus grands individus atteignent 5,5 cm de longueur.

Couleur :
Le corps de Facelina bostoniensis est blanc translucide avec une teinte rose autour de la bouche. Il y a quelques taches de pigment blanc sur la tête.

Où la trouver ?
Sur l’estran [] et dans les eaux peu profondes, les fonds rocheux ou couverts d’une fine couche de sédiments [] vaseux, à proximité des hydrozoaires [] dont elle se nourrit, surtout des tubulaires.

Faceline de Boston et sa ponte au Pont de Zélande

Faceline de Boston et sa ponte au Pont de Zélande

Faceline de Boston

Critères de reconnaissance :
Les cérates [] sont très longs, souvent jusqu’à la moitié du corps, avec une tache blanche terminale. La teinte rose autour de la bouche est caractéristique. Les très longs tentacules sont également ornés de pigment blanc. L’œsophage, juste derrière les rhinophores, est visible sous forme d’un tube rouge courbé.



Des plongeurs auraient observé Facelina bostoniensis en train de sortir de petits terriers dans la vase, comme si elle utilisait des galeries abandonnées par des vers ou des bivalves perforants. Ce comportement demande confirmation car il est inhabituel pour ce nudibranche qui vit normalement sur les hydrozoaires dont il se nourrit.


L’antiopelle 

(Gastéropode nudibranche)

Nom scientifique :
Antiopella cristata

Taille :
Les plus grands individus peuvent atteindre 7,5 cm de longueur.

Couleur :
Les teintes varient de blanc laiteux à jaune, le sommet des cérates [] est bleuté.

Où la trouver ?
L’antiopelle évolue sur des substrats [] durs depuis la surface jusqu’aux plus grandes profondeurs, surtout à proximité ou sur les bryozoaires buissonnants dont elle se nourrit.

Antiopelle au Pont de Zélande

Antiopelle au Pont de Zélande

Antiopelle

Critères de reconnaissance :
Antiopella cristata est un nudibranche semi-transparent. Les cérates [] sont très translucides et laissent apparaître les glandes digestives.



Comme les autres nudibranches, l’antiopelle est hermaphrodite [] simultanée. Les deux partenaires se placent en position tête-bêche et chacun offre ses gamètes mâles à l’autre. Les œufs seront pondus plus tard.

Jusqu’à 250 œufs sphériques sont rassemblés dans des capsules en forme de perles blanches ou rose pâle. L’ensemble de la ponte est englobée dans un ruban gélatineux enroulé en forme de cercle ondulé assez régulier.


L’éolis de verre

(Gastéropode nudibranche)

Nom scientifique :
Amphorina linensis

Taille :
La taille dépasse rarement 1,5 cm de longueur.

Couleur :
Le corps, allongé et translucide, est de couleur blanc cassé à crème.

Où les trouver ?
De la zone de balancement des marées jusqu’à 30 m de profondeur, principalement sur des substrats [] vaseux ou sablonneux, fixée sur les hydrozoaires [], principalement du genre Sertularia dont elle se nourrit.

Eolis de verre et sa ponte au Pont de Zélande

Eolis de verre et sa ponte au Pont de Zélande

Eolis de verre

Critères de reconnaissance :
Les cérates [] sont disposés en rangées transversales de chaque côté du dos. Ils sont renflés en forme de massue et se terminent par une pointe fine. On distingue à travers leur paroi les diverticules de la glande digestive, qui sont généralement de couleur brune, olive ou orangée. Les rhinophores [] sont lisses, longs et pointus. Ils présentent souvent une tache de pigment blanc opaque vers l’extrémité.



Le nom vernaculaire [] Eolis de verre fait allusion au corps translucide, presque vitreux, de ce nudibranche.

Leur taille minuscule et leur camouflage performant rendent les éolis de verre peu visibles aux plongeurs. Les variations de formes et de couleurs sont importantes non seulement entre espèces voisines mais également au sein d’une même espèce. La documentation à leur sujet est rarement fiable et leur identification précise est toujours delicate.


Le dendronote de Keatley

(Gastéropode nudibranche)

Nom scientifique :
Dendronotus keatleyae

Taille :
Elle est habituellement comprise entre 2 et 6 cm de longueur.

Couleur :
Généralement translucide allant du blanc laiteux au crème ou brun pâle. On observe souvent des petites taches blanches opaques sur le corps et à l’extrémité des ramifications.

Où le trouver ?
On trouve ce dendronote sur les structures artificielles, les pontons ou les fonds rocheux de la surface jusqu’à 30 m de profondeur lorsque ces substrats [] sont peuplés d’hydrozoaires [] appartenant principalement aux genres Tubularia et Sertularia.

Dendronote de Keatley au Pont de Zélande

Dendronote de Keatley au Pont de Zélande

Dendronote de Keatley

Critères de reconnaissance :
Le corps est allongé et élancé. Les cérates [] sont ramifiés, ils ressemblent à des petits arbustes ou à des fougères disposés en paires le long du dos.



La forme ramifiée de ce dendronote lui permet de se fondre parfaitement parmi les colonies d’hydrozoaires [] et d’échapper ainsi aux prédateurs.

La ponte ressemble à un long ruban ou un cordon blanc en zigzag, déposé directement sur les hydrozoaires dont le dendronote de Keatley se nourrit. Cela permet aux larves d’avoir une source de nourriture immédiate dès l’éclosion.


Le polycère à 4 lignes

(Gastéropode doridien)

Nom scientifique :
Polycera quadrilineata

Taille :
Au maximum, 4 cm de longueur.

Couleur :
Le corps est principalement blanc translucide et porte des taches jaunes ou orangées ; au moins deux bandes jaunes discontinues courent des rhinophores [] jusqu’à l’arrière de l’animal.

Où le trouver ?
Si les juvéniles préfèrent les algues, les adultes privilégient les fonds rocheux faiblement éclairés par la lumière du jour, parfois même le dessous des roches.

Polycère à 4 lignes à Bruinisse (De ducs)

Polycère à 4 lignes à Bruinisse (De ducs)

Polycère à 4 lignes

Critères de reconnaissance :
La coloration blanche ou blanchâtre du corps et le jaune des taches et des lignes qui l’ornent ne permettent aucune confusion avec d’autres nudibranches de Zélande.



En Zélande, on trouve parfois des individus presque blancs avec des points jaunes vifs, tandis que d’autres tirent sur le gris-noir. Cette variation de couleur dépend directement de la pigmentation des sources de nourriture qui ont été ingérées récemment. C’est un peu comme si le polycère à 4 bandes portait la couleur de son dernier repas pour mieux se cacher dessus !


Les doris de Bergh et verruqueuse     

(Gastéropodes doridiens)

Doris Berghi

Doris verrucosa

Noms scientifiques : Doris berghi et Doris verrucosa

doris de Bergh (Doris berghi) à Oesterdam

En haut une doris de Bergh (Doris berghi) à Oesterdam,
en bas, un accouplement de doris verruqueuses (Doris verrucosa) au Pont de Zélande.

un accouplement de doris verruqueuses (Doris verrucosa) au Pont de Zélande.

C’est volontairement que nous associons sous le même intitulé ces deux cousines de la famille des Dorididés. En effet, leur distinction requiert une observation rapprochée fine peu évidente à réaliser en plongée.

Tailles :
Généralement comprise entre 1,5 et 3 cm, la longueur de la doris de Bergh (Doris berghi) peut atteindre 5 cm au maximum. La doris verruqueuse (Doris verrucosa) est un peu plus grande mais ne dépasse pas 7 cm de longueur.

Couleurs :
La coloration générale de la doris de Bergh (Doris berghi) varie selon les individus entre teintes pâles et brunâtres, parfois ponctuées, mais la variabilité exacte reste mal connue. La doris verruqueuse (Doris verrusosa) présente le plus souvent des teintes jaunâtres, brunâtres ou grisâtres.

Où les trouver ?
Sur les roches et les substrats [] durs, dans des zones peu éclairées, jusqu’à environ 9 m de profondeur. La doris de Bergh (Doris berghi) privilégie la proximité immédiate d’habitats riches en éponges dont se nourrit exclusivement. La doris verruqueuse (Doris verrusosa) doit être cherchée principalement sous les pierres sous lesquelles elle s’abrite.

Critères de reconnaissance :
Distinguer ces deux espèces du genre Doris n’est pas évident quand on ne peut pas les comparer côte à côte mais les quelques caractéristiques suivantes peuvent vous y aider :

Forme et taille des verrues :
Le manteau [] de la doris de Bergh (Doris berghi) est couvert de petites papilles arrondies et serrées qui lui donnent un aspect velouté ou granuleux.

Comme son nom l’indique, la doris verruqueuse (Doris verrusosa) porte de grosses verrues saillantes et bien distinctes. Elles sont souvent de tailles inégales et donnent à la limace un aspect beaucoup plus accidenté et rugueux.

Doris de Bergh à Oesterdam

Doris de Bergh à Oesterdam

Doris verruqueuse et sa ponte au Pont de Zélande

Doris verruqueuse et sa ponte au Pont de Zélande

Les rhinophores [] :
A l’avant de la doris de Bergh (Doris berghi), les 2 rhinophores [] rétractiles [] ont la même couleur que le corps.

Les rhinophores [] de la doris verruqueuse (Doris verrusosa) ne portent qu’environ 10 à 15 lamelles obliques. Ils sont souvent décrits comme ayant une forme de cône continu lorsqu’ils sont bien déployés.

Les panaches branchiaux [] :
Le panache branchial [] de la doris de Bergh (Doris berghi) est composé de 6 à 8 feuilles branchiales pennées entourant l’anus.

Les panaches branchiaux [] de la doris verruqueuse (Doris verrusosa) comprennent généralement entre 5 et 7 branchies. Ils paraissent souvent plus massifs, moins délicatement ramifiés que ceux de sa cousine.


La doris citron de mer  

(Gastéropode doridien)

Nom scientifique :
Doris pseudoargus

Taille :
La doris citron de mer peut atteindre une longueur maximale de 12 cm, c’est le plus grand des doridiens de Zélande.

Couleur :
Le manteau [] est généralement jaune, parfois rose brun ou vert, ponctué de taches et de tubercules plus foncés.

Où la trouver ?
Sans toutefois négliger les herbiers et les substrats [] artificiels des ports, c’est dans les zones rocheuses de faible profondeur, voire sous les pierres, qu’on a le plus de chance de rencontrer cette espèce de Doris.

Doris citron de mer à Anna Jacobapolder

Doris citron de mer à Anna Jacobapolder

Rhinophores d’une doris citron de mer

Rhinophores [] d’une doris citron de mer

Critères de reconnaissance :
Le dos de la doris citron de mer est couvert de petites papilles serrées, ce qui lui donne un aspect un peu granuleux mais assez uniforme.



Les rhinophores [] sont denses et possèdent généralement entre 20 et 25 lamelles. Ils ont une forme de massue et se terminent par une petite pointe souvent cylindrique ou tronquée.

Le panache branchial [] comprend 8 ou 9 branchies plumeuses qui forment un cercle complet autour de l’anus.

L’aspect général de cette doris évoque un peu une éponge de mer, d’où le nom vernaculaire [] qui lui est parfois donné à tort par certains.


La geitodoris étoilée

(Gastéropode doridien)

Nom scientifique :
Geitodoris planata

Taille :
Elle dépasse rarement 6,5 cm de longueur mais des individus de 12 cm de long ont été récemment observés en Zélande.

Couleur :
La couleur de fond est brun-gris avec quelques taches brun foncé irrégulières. La couleur s’estompe et devient plus translucide vers le bord du manteau []. Les rhinophores [] et les branchies [] ont généralement la même couleur que le dos avec des pointes blanches.


Où la trouver ?
A faible profondeur, à proximité des éponges appartenant aux genres Mycale et Hemimycale dont la geitodoris étoilée se nourrit.

Geitodoris étoilée au Pont de Zélande

Geitodoris étoilée au Pont de Zélande

Ponte de Geitodoris étoiléesur une éponge

Ponte de Geitodoris étoiléesur une éponge

Critères de reconnaissance :
Le manteau [] est marqué d’un certain nombre de taches plus pâles et en forme d’étoiles qui matérialisent la présence de glandes à acide. Autour de l’anus, le panache branchial [] est composé de 7 ou 8 branches très ramifiées.



La geitodoris étoilée possède un système défensif reposant sur de puissantes glandes à acide situées au centre des étoiles qui ornent le manteau [].

La ponte qui contient près de 480.000 œufs semble énorme par rapport à la taille de la geitodoris étoilée. Cela s’explique par le gonflement, grâce à l’eau de mer, de la matrice qui entoure les capsules d’œufs.


Le goniodoris châtaigne

(Gastéropode doridien)

Nom scientifique :
Pelagella castanea

Taille :
Le corps mesure environ1,5 cm de longueur. La longueur maximale mesurée est de 3,8 cm.

Couleur :
La couleur de ce doridien est très variable, généralement rouge-brun ou violet foncé mais aussi rouge vif. La plupart des individus présentent de petites taches irrégulières de blanc ou de gris dispersées sur tout le corps.

Où le trouver ?
Dans les zones rocheuses jusqu’à 25 m de profondeur où il trouve les tuniciers coloniaux, principalement des botrylles et des botrylloïdes dont il se nourrit.

Goniodoris châtaigne à Dreischor Gemaal

Goniodoris châtaigne à Dreischor Gemaal

Goniodoris châtaigne et sa ponte

Goniodoris châtaigne et sa ponte



Critères de reconnaissance :
Contrairement à d’autres nudibranches au dos lisse ou uniformément tuberculé, Pelagella castanea possède une ligne saillante bien visible qui part entre les rhinophores [] et descend au moins jusqu’au panache branchial [].



Si vous voyez une zone de botrylles [] ou de botrylloïdes [] qui semble grignotée, il y a de fortes chances qu’un doris châtaigne se cache à proximité, parfaitement camouflé par sa couleur identique à celle de sa proie. Certains s’enfouissent même dans une dépression qu’ils creusent dans le tunicier dont ils se nourrissent !


La jorunna blanche 

(Gastéropode doridien)

Nom scientifique :
Jorunna tomentosa

Taille :
La longueur atteint 6 cm au maximum.

Couleur :
La couleur blanche qui recouvre le corps à l’exception de quelques taches sombres peut virer vers le crème, le gris, ou le rose.

Où la trouver ?
A l’abri de la lumière, dans les pierriers ou les herbiers riches en éponges du genre Haliclona dont la jorunna blanche se nourrit.

Jorunna blanche au Pont de Zélande

Jorunna blanche au Pont de Zélande

Jorunna blanche

Critères de reconnaissance :
A l’avant de l’animal, les 2 rhinophores [] à lamelles sont de la même couleur que le corps. A l’arrière du corps, le panache branchial [] évoque une coupe ronde, un bol circulaire. Il est constitué de branchies en 17 feuilles finement ramifiées également de la couleur du corps.



Le nom latin d’espèce, tomentosa, signifie « couvert de poils courts » et évoque l’aspect duveteux ou velouté de l’animal. En fait, cette texture est due à des milliers de minuscules petits piquants constitués de calcaire. C’est une armure invisible qui la rend très désagréable à croquer pour un prédateur !

En cas de danger, Joruna tomentosa peut rétracter complètement son panache branchial [] dans une poche spéciale.


La thécacère emplumée 

(Gastéropode doridien)

Nom scientifique :
Thecacera pennigera

Taille :
Elle est généralement comprise entre 1,5 et 3 cm de longueur.

Couleur :
Le corps est blanc et constellé de taches orange et noires.

Où la trouver ?
Jusqu’à 20 m de profondeur, sur les fonds rocheux où vivent des bryozoaires, surtout du genre Bugula, qui constituent son alimentation principale. La présence d’hydrozoaires [], d’éponges et de tuniciers constituent pour la thécacère emplumée autant de garde-manger de réserve en cas de manque de bryozoaires.

Thécacère emplumée au Pont de Zélande

Thécacère emplumée au Pont de Zélande

Thécacère emplumée

Critères de reconnaissance :
Outre la constellation de taches orange et noires sur le corps blanc, l’espèce est reconnaissable grâce au panache branchial [] en forme de fer à cheval visible sur le dos.



A l’arrière, la thécacère emplumée possède deux appendices plus longs qui ressemblent à des ailes ou à des oreilles de lapin. En réalité, ce sont des parapodes [] modifiés qui servent à protéger ses branchies. En plongée, si le courant est léger, on a l’impression qu’elle porte une cape qui s’agite, d’où son allure très élégante.

Contrairement à beaucoup d’autres nudibranches qui ont des antennes lisses ou plumeuses, celles de la thécacère emplumée sont logées dans une sorte de petite coupe ou fourreau protecteur.


La beauté des mollusques