Fascicule 2 : Les algues et les plantes

Table des matières de ce fascicule
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Introduction : les algues

Parmi les macroalgues [], nous distinguons trois groupes qui, même s’ils sont traités ensemble, ne sont pas ou peu liés du point de vue de l’évolution des espèces :

  • les algues vertes qui constituent l’embranchement des chlorophytes,
  • les algues rouges qui constituent l’embranchement des rhodophytes et
  • les algues brunes qui constituent la classe des phéophycées.

Ce fascicule se concentre sur les macroalgues, c’est-à-dire les algues que nous pouvons voir à l’œil nu.

Tapis d’algues diverses sur les fonds marins à Geersdijk

Les algues pratiquent la photosynthèse, elles fabriquent leur propre matière organique à partir de CO2 et de sels minéraux dissous dans le milieu grâce à l’énergie du soleil.

Cette dépendance à la lumière du soleil induit le fait  qu’on les retrouve dans les premiers mètres de nos plongées, rarement au-delà de 15 m en Zélande.

La tolérance à l’exposition à l’air libre ainsi que le besoin en lumière induit une zonation des algues très nette. Chaque espèce trouve sa place à la profondeur qui lui convient.

Les algues jouent un rôle majeur dans toute l’organisation de la vie sous-marine. En tant que producteurs primaires, à la base de la chaîne alimentaire, les algues sont broutées par de nombreuses espèces herbivores. Par la photosynthèse, elles approvisionnent en oxygène les organismes marins et terrestres. Elles servent de refuges et d’abris pour de nombreux organismes. Elles peuvent aussi servir de substrat [] sur lequel des bactéries, des algues ou des animaux peuvent se développer.

Les algues présentent des formes très diversifiées mais on peut souvent retrouver une structure commune. Les algues sont souvent attachées à leur substrat [] par un disque basal [] ou des crampons.

Du disque basal [] ou des campons s’élève un stipe qui rapproche l’algue de la surface et de la lumière. La lame est la surface qui sert à la captation de la lumière et permet la photosynthèse. L’ensemble crampons, stipe et lame forme le thalle.

Les modes de reproduction des algues sont très diversifiés et de nombreuses algues peuvent se reproduire à la fois de manière sexuée en produisant une alternance de gamètes et de spores ou se reproduire de façon asexuée comme les plantes terrestres qui se bouturent.


Les algues vertes ou Chlorophytes

Les algues vertes ou Chlorophytes sont considérées comme les plus proches cousines des plantes terrestres.
Elles sont extrêmement diversifiées, allant d’organismes unicellulaires à des formes pluricellulaires complexes.

La dénomination et la classification des Chlorophytes sont actuellement en révision.

Ainsi, les entéromorphes (genre Enteromorpha) évoquées dans le Guide de la Faune et de la Flore sous-marines de Zélande de 1998 sont maintenant intégrés dans les ulves (genre Ulva).

Des recherches récentes menées par l’Université de Gand, le Centre de biodiversité Naturalis et la Fondation Anemoon ont révélé la présence de pas moins de 16 espèces du genre Ulva aux Pays-Bas !

Leur détermination est affaire de spécialistes. Aussi nous limiterons-nous à distinguer d’une part les ulves en feuilles (La laitue de mer est la plus probable à rencontrer) et d’autre part les ulves tubuleuses (Ulva compressa et Ulva intestinalis sont les plus probables à rencontrer).

La couleur verte des chlorophytes est due à la présence dominante des mêmes chlorophylles que l’on trouve chez les plantes terrestres, la chlorophylle a et la chlorophylle b. Comme beaucoup de plantes terrestres, elles contiennent également des caroténoïdes mais en moindre proportion. Les caroténoïdes apportent des colorations allant du jaune à l’orange et au rouge.

Ils jouent un rôle crucial en tant que pigments accessoires dans la photosynthèse, où ils aident à capter l’énergie lumineuse et protègent la chlorophylle contre les dommages causés par un excès de lumière.

Une algue feutre (Codium fragile) à Geersdijk


La laitue de mer

(Algue verte)


Nom scientifique :
Ulva spp.

Taille :
La lame [] mesure généralement entre 30 et 50 cm de diamètre.

Couleur :
La couleur de la lame [] souple varie selon les individus du vert foncé au vert clair. La coloration vire toutefois au blanc chez les laitues de mer mortes ou parasitées.

Où la trouver ?
Elle vit fixée sur le fond, de la surface jusqu’à 10 m de profondeur.

Laitues de mer à Polredijk


Critères de reconnaissance :
Le thalle [] est plat et évasé. Composé de deux couches de cellules, il présente une épaisseur et une résistance plus grandes que d’autres algues dont le thalle [] serait composé d’une seule couche de cellules.


Selon certaines recherches en cours, Ulva lactuca pourrait ne plus être la seule laitue de mer présente aujourd’hui en Zélande. La prudence s’impose et nous nous en tenons à la dénomination générique d’Ulva spp. pour l’ensemble des laitues de mer.

Vu sa forte teneur en azote et en phosphore, la laitue de mer est utilisée dans certaines régions comme engrais naturel. La laitue de mer est aussi utilisée dans l’alimentation traditionnelle en Extrême Orient et en Irlande.


Les ulves tubuleuses 

(Algues vertes)

Noms scientifiques :
Ulva compressa et Ulva intestinalis

Taille :
Le thalle [] de Ulva compressa a la forme d’un tube de 5 à 20 cm de hauteur pour un diamètre compris entre quelques millimètres et un centimètre.

Le thalle [] de Ulva intestinalis a la forme de tubes plus ou moins boursouflés, ayant l’aspect de boyaux, s’élargissent vers le haut, et mesurant entre 10 et 50 cm de hauteur. Leur diamètre peut varier d’un à plusieurs centimètres.

Couleur : Toujours verte, entre vert fluo et vert translucide.

Ulva compressa à Plompetoren

Une autre Ulva compressa à Plompetoren


Où les trouver ?
Elles poussent sur des fonds rocheux et caillouteux de la surface jusqu’à 7 mètres de profondeur. Ulva compressa préfère les eaux agitées, Ulva intestinalis les eaux calmes.

Critères de reconnaissance :
Les tubes de Ulva intestinalis sont généralement simples, gonflés et se tiennent dressés dans l’eau. Le thalle [] s’élargit généralement depuis une base étroite pour atteindre sa plus grande largeur au milieu.

Les thalles [] de Ulva compressa sont souvent regroupés en touffes ou en bouquets de tubes qui partent d’une même base. La présence de plusieurs tubes issus d’un seul point d’attache est un indicateur clé.


De nombreuses variétés d’ulves tubuleuses existent mais Ulva intestinalis et Ulva compressa sont les plus fréquentes en Zélande. L’identification des autres ulves tubuleuses est impossible sans le recours au microscope, voire à la génétique.


L’algue feutre

(Algue verte)

Nom scientifique :
Codium fragile

Taille :
Les thalles [] cylindriques mesurent jusqu’à 50 cm de hauteur et 0,5 cm de diamètre. Ils forment des massifs mesurant jusqu’à 40 cm de diamètre.

Couleur :
Vert foncé avec souvent un halo transparent à blanchâtre.

Où la trouver ?
L’algue feutre vit fixée sur le fond, de la surface jusqu’à 10 m de profondeur mais elle peut survivre si elle se retrouve détachée de son substrat.

Algues feutres à Wolphaartsdijk


Critères de reconnaissance :
L’algue feutre est ramifiée de manière dichotomique [] et ne peut être confondue avec aucune autre espèce de Zélande.


Deux sous-espèces d’algue feutre sont présentes en Zélande. Elles se distinguent principalement par leurs séquences ADN. Une sous-espèce est locale et l’autre a été introduite involontairement par l’ostréiculture au cours de la première moitié du XXe siècle.

L’algue feutre est comestible tant dans l’alimentation humaine que dans l’alimentation animale. La médecine lui reconnaît également un potentiel antibiotique.


Le bryopsis plumeux

   (Algue verte)


Nom scientifique :
Bryopsis plumosa

Taille :
Le thalle [] mesure jusqu’à 10 cm de longueur.

Couleur :
Elle varie selon les individus entre vert clair et vert foncé.

Où le trouver ?
Le bryopsis plumeux vit à faible profondeur, fixé sur le fond, sur des tubes de vers tubicoles [] ou sur d’autres algues.

Bryopsis plumeux à Dreischor


Critères de reconnaissance :
Contrairement à Bryopsis hypnoides, l’axe principal du bryopsis plumeux n’est ramifié que dans un même plan. Les ramifications sont plus petites près du sommet de l’axe, ce qui lui confère une forme de triangle ou de plume, d’où son nom vernaculaire [].


Comme l’algue feutre, les Bryopsis appartiennent à l’ordre des Bryopsidales. Les Bryopsidales sont dites siphonées car leur thalle [] est constitué d’une seule cellule géante et non cloisonnée. Chez les Bryopsidales, le thalle [] n’est pas divisé en plusieurs cellules distinctes. Il forme une seule structure, appelée siphon, qui contient plusieurs noyaux dans un cytoplasme [] unique. Cette particularité différencie les Bryopsidales de la majorité des algues dont le corps est composé de multiples cellules séparées par des parois.


Le bryopsis hypnoïde

(Algue verte)


Nom scientifique :
Bryopsis hypnoides

Taille :
Le thalle [] mesure jusqu’à 20 cm de longueur.

Couleur :
Elle varie selon les individus entre vert clair et vert foncé.

Où le trouver ?
Comme le bryopsis plumeux, le bryopsis hypnoïde vit à faible profondeur, fixé sur le fond, sur des tubes de vers tubicoles [] ou sur d’autres algues.

Bryopsis hypnoïde à Den Osse

Critères de reconnaissance :
L’axe principal est ramifié dans toutes les directions avec des ramifications plus longues à la base qu’au sommet. Ce sont ces ramifications dans toutes les directions et pas seulement dans un seul plan qui permettent de distinguer Bryopsis hypnoïdes de Bryosis plumosa.


Les individus femelles sont plus foncés que les individus mâles.

Quand un bryopsis est brouté par un prédateur, les noyaux qui s’échappent dans l’eau peuvent reformer un nouvel individu.

Bryopsis hydroides tolère des niveaux élevés de sulfure d’hydrogène, un gaz toxique produit par la décomposition de matières organiques dans les sédiments marins.


Les algues rouges ou Rhodophytes


Les algues rouges ou Rhodophytes se distinguent par leur couleur rouge caractéristique. Elles constituent l’un des groupes d’algues les plus diversifiés.

Cette belle teinte rouge qui caractérise les Rhodophytes va du rose au pourpre sombre.

Elle est due à la présence de pigments accessoires, principalement la phycoérythrine, qui masquent les chlorophylles.

Grâce à la phycoérythrine, les algues rouges sont particulièrement efficaces pour capter les lumières bleue et verte qui pénètrent le plus profondément dans l’eau. Cela leur permet de vivre à de plus grandes profondeurs, là où les autres algues ne peuvent pas survivre.


L’algue encroûtante de Lenormand

(Algue rouge)


Nom scientifique :
Phymatolithon lenormandii

Taille :
Le thalle [] calcifié [] se présente comme une plaque encroûtante très fine de moins de 1 millimètre d’épaisseur. Chaque thalle [] s’étend sur une petite surface de quelques centimètres carrés.

Couleurs :
La couleur du thalle [] présente toutes les nuances du rose-rouge et du mauve. Il peut aussi être gris en période de reproduction. La marge est souvent de couleur blanche.

Algue encroûtante de Lenormand à Den Osse

Où la trouver ?
A moins de 10 m de profondeur, sur tout type de substrats [] durs :
blocs de pierre, cailloux, galets, coquilles d’huître et même bouteilles en verre ! La finesse du thalle [] et sa solide fixation au substrat permettent à cette algue encroûtante de résister à la force du ressac.


Critères de reconnaissance :
La surface rouge est dure et rugueuse, les bords blancs caractéristiques sont lisses, lobés et brillants. Ils présentent souvent des irrégularités écailleuses.


Comme toutes les algues, celle-ci tire son énergie de la photosynthèse grâce à l’absorption de la lumière du jour, du dioxyde de carbone, de l’eau et de sels minéraux contenus dans l’eau. Elle fabrique ainsi les matières organiques nécessaires à son développement.


L’agardhiella

(Algue rouge)

Nom scientifique :
Agardhiella subulata

Taille :
Le thalle [] mesure entre 5 et 25 cm de hauteur.

Couleurs :
La couleur est toujours dans les tons rouges mais peut aussi virer selon les individus vers le violacé, le brunâtre ou le verdâtre.

Où la trouver ?
Cette espèce pousse attachée à la roche ou à d’autres substrats [] durs entre 1 et 8 m de profondeur.

Agardhiella à Dreischor (Gemaal)


Critères de reconnaissance :
L’agardhiella est une algue touffue. Le thalle [] est charnu et ferme, avec des ramifications irrégulières. Les rameaux sont ronds, nombreux et minces.


L’importance de l’ostréiculture en Zélande est vraisemblablement associée aux nombre de nouvelles espèces qu’on y découvre. En effet, l’importation et le transfert d’huîtres ou de naissains d’une région à une autre, voire d’un continent à un autre, peuvent s’accompagner de manière bien involontaire, d’un cortège d’organismes fixés sur les coquilles, les équipements ou présents dans l’eau de transport. Ces organismes, une fois relâchés dans le nouveau milieu, peuvent s’y établir et y devenir envahissants.


Le gélidium

(Algue rouge)

Nom scientifique :
Gelidium vagum

Taille :
Les thalles [] verticaux peuvent atteindre environ 10 cm de hauteur mais ils sont souvent plus courts.

Couleurs :
La couleur varie généralement du rouge-jaunâtre au rouge vif ou au rouge-brunâtre.

Où le trouver ?
Cette espèce vit fixée sur des substrats [] durs (roches), souvent dans la zone de balancement des marées et dans les premiers mètres de profondeur.

Gélidium à Oesterdam


Critères de reconnaissance :
Le gélidium donne l’impression d’être ramifié comme un arbre. Les petites branches sont courtes et peu denses sur les axes principaux.


Originaire des eaux du Japon, le gélidium a d’abord colonisé la côte ouest de l’Amérique du Nord avant d’arriver tout récemment en Zélande. On peut penser qu’il a, chaque fois, été probablement transporté involontairement avec des naissains ou des huîtres du Pacifique.

L’industrie agro-alimentaire s’intéresse de près au gélidium. Celui-ci est une source importante d’agar-agar qui gélifie un grand nombre de produits alimentaires et sert aussi comme milieu nécessaire à la culture in vitro des micro-organismes.


La carraghen ou la mousse d’Irlande

(Algue rouge)

Nom scientifique :
Chondrus crispus

Taille :
Le thalle [] mesure en général entre 7 et 15 cm de longueur.

Couleurs :
Elle varie selon les individus de pourpre à vert en passant par le brun, avec de nombreuses nuances intermédiaires.

Où la trouver ?
Sur les substrats [] rocheux des tout premiers mètres de profondeur et même en haut de l’estran dans la frange supérieure qui peut être émergée aux marées basses de vives eaux les plus grandes.

Carraghen ou Mousse d’Irlande au Pont de Zélande


Critères de reconnaissance :
Les lobes, de forme variée, peuvent se subdiviser en lobes plus petits, ce qui donne à l’algue un aspect frisé. Le bord des lobes porte une iridescence [] bleue caractéristique quand l’algue est immergée. Cette iridescence [] disparaît quand l’algue est hors eau.


La carraghen ou mousse d’Irlande est riche en carraghénane. Elle est largement exploitée par l’industrie agro-alimentaire comme épaississant, gélifiant et stabilisateur dans les laitages et les glaces et comme clarifiant dans la fabrication de la bière et du vin.

Elle est aussi utilisée pour la fabrication de médicaments et en cuisine pour son pouvoir gélatinisant.


La grateloupe du Pacifique

(Algue rouge)

Nom scientifique :
Grateloupia turuturu

Taille :
La grateloupe du Pacifique est présente toute l’année mais les lames sont plus développées en été. Les lames souples composant le thalle [] mesurent alors jusqu’à 50 cm de longueur et de 2 à 10 cm de largeur. En hiver, en revanche, les lames [] dépassent rarement 10 cm de longueur.

Couleurs :
Rouge, brun clair et brun foncé sont les couleurs les plus fréquemment rencontrées.

Où la trouver ?
Sur les substrats rocheux, cailloux, coquillages ou pontons des tout premiers mètres de profondeur et sur l’estran, surtout dans des cuvettes où l’eau circule en permanence et dans les endroits où il subsiste un écoulement d’eau, même à marée basse.

Grateloupe du Pacifique à Polredijk


Critères de reconnaissance :
Les lames souples, plus ou moins divisées, ont un aspect gélatineux. Les bords sont ondulés avec parfois des petites lames étroites et effilées aux extrémités.


La grateloupe du Pacifique a été introduite accidentellement en Europe au début des années 1970 avec des naissains d’huîtres importés du Japon. Aujourd’hui, elle est largement répandue dans tout l’Atlantique oriental depuis les Pays-Bas jusqu’au Portugal.

Cette algue vivace vit en moyenne de 6 à 10 ans.


Le pompon des ascophylles

(Algue rouge)

Nom scientifique :
Vertebrata lanosa

Taille :
Le diamètre des pompons formés par les frondes mesure de 3 à 6 cm.

Couleurs :
Les pompons sont de couleur pourpre, plus ou moins prononcée.

Où le trouver ?
Le pompon des ascophylles ne pousse qu’en présence de l’algue brune Ascophyllum nodosum. Pour trouver des pompons des ascophylles, cherchez d’abord les ascophylles ! Exceptionnellement, on trouvera des pompons sur des fucus à proximité de grandes surfaces d’ascophylles.

Pompons des ascophylles au Pont de Zélande

Pompon fixé sur son ascophylle



Critères de reconnaissance :
La présence, la forme et la couleur des pompons sur une ascophylle ne permettent aucun doute quant à l’identification de Vertebrata lanosa.


On qualifie le pompon d’hémiparasite. En effet, il développe des sortes de suçoirs qui pénètrent dans les tissus de l’ascophylle et y puisent des réserves énergétiques. Toutefois, parce qu’il conserve des pigments photosynthétiques, le pompon reste capable de produire sa propre énergie grâce à la lumière.

Vertebrata lanosa est parfois surnommée la truffe de mer en raison du parfum intense, très similaire à celui de la truffe blanche terrestre, qu’elle dégage en séchant. C’est un ingrédient de luxe dans la cuisine de grands chefs norvégiens.


La dasysiphonie du Japon

    (Algue rouge)

Nom scientifique :
Dasysiphonia japonica

Taille :
Le thalle [] pousse généralement jusqu’à 30 cm de hauteur mais, dans des conditions très favorables, des tailles supérieures peuvent être observées.

Couleurs :
Selon les individus, la couleur varie entre rosâtre et rouge foncé.

Où la trouver ?
A faible profondeur, sur des zostères [], des vasières ou sur des supports fixés solides : des engins d’aquaculture, des récifs d’huîtres et des surfaces rocheuses protégées de l’action des vagues.

Dasysiphonie du Japon à Den Osse


Critères de reconnaissance :
L’algue forme des touffes buissonnantes, finement divisées, plumeuses ou en éventail aplati. Plusieurs axes principaux par individu se développent, aplatis eux aussi en forme d’éventail, se ramifiant de manière dichotomique [] sur un seul plan.


La dasysiphonie du Japon est une algue envahissante originaire du Pacifique Nord-Ouest. Signalée pour la première fois en Galice, en Espagne, en 1988, elle s’est propagée en Europe de la Norvège à la Méditerranée occidentale. Aux Pays-Bas, elle est aujourd’hui commune dans l’Oosterschelde et dans le Grevelingen.

En hiver et au printemps, la dasysiphonie du Japon sert de nourriture à la limace de mer Elysia viridis, l’élysie verte.


Les céramium

           (Algue rouge)

Nom scientifique :
Ceramium spp.

Taille :
Le développement du thalle [] n’excède jamais 30 cm de longueur.

Couleurs :
Selon les individus, la couleur se situe entre rouge clair et rouge bordeaux.

Où le trouver ?
Les céramium se fixent sous forme de touffes, sur les rochers ou sur d’autres algues, depuis le bord inférieur de l’estran [] jusqu’à 30 m de profondeur.

Céramium à Dreischor

Critères de reconnaissance :

Les touffes du thalle [] sont composées de filaments très fins à la ramification dichotomique [] irrégulière. A l’observation rapprochée, l’extrémité de chaque filament montre deux petites pointes caractéristiques, en forme de cornes ou de pinces.


La dénomination Ceramium rubrum utilisée dans des ouvrages plus anciens n’est plus valide. Ellea été remplacée par Ceramium virgatum.

Parce qu’elle nécessite un examen microscopique très précis, l’identification des espèces de Ceramium qui seraient présents aujourd’hui en Zélande est impossible en plongée. Nous proposons donc de nous limiter à l’évocation du genre sans autre précision : Ceramium sp.


Les Gracilariales

       (Algues rouges)

Noms scientifiques :
Gracilaria sp. ou Gracilariaopsis sp.

Les Gracilariales constituent un ordre d’algues rouges marines, même si leur couleur peut varier du brun-rouge au pourpre, et parfois même au vert ou au jaune-blanc en fonction de la lumière et de l’environnement.

Leurs thalles [] forment généralement des touffes denses et dressées composées de rameaux cylindriques, ressemblant à des cordons fins et flexibles, qui se ramifient de façon irrégulière et atteignent parfois plus de 20 cm de longueur.

On les trouve principalement dans les eaux peu profondes (jusqu’à environ 15 mètres), calmes et riches en nutriments.

Deux gracilariales photographiés à Dreischor : à gauche, sous réserve, peut-être un Gracilaria sp. ; à droite, sous réserve également, peut-être un Gracilariaopsis sp.

Les Gracilariales sont exploitées dans de nombreuses régions pour 3 raisons majeures :

  • leurs parois sont riches en agar-agar, une substance gélifiante naturelle qui remplace la gélatine animale dans de nombreux domaines : les industries agro-alimentaires, les laboratoires de recherche, la cosmétique et la pharmacie ;
  • comestibles, elles sont souvent consommées en Asie, soit fraîches en salade, soit utilisées pour préparer des soupes et des desserts. Leur texture est souvent décrite comme croquante et charnue ;
  • en aquariophilie, elles sont cultivées pour leur capacité à absorber les nutriments indésirables comme les nitrates et les phosphates, agissant comme un biofiltre naturel.

L’identification précise des Gracilariales est impossible en plongée. Plusieurs espèces de Gracilariales se ressemblent énormément et sont connues pour leur grande variabilité d’apparence en fonction de la lumière, de la saison et de la richesse en nutriments du milieu. Tout au plus pourra-t-on tenter, sans certitude, de distinguer Gracilaria sp. et Gracilariaopsis sp.

Le diamètre des rameaux est généralement plus irrégulier et plus variable.
La consistance des rameaux est plutôt charnue, cartilagineuse et élastique.
La ramification est généralement plus irrégulière et espacée.

Les rameaux ont tendance à former de longs cordons souvent moins ramifiés. La consistance des rameaux est parfois un peu plus molle ou moins rigide. La ramification est parfois très peu fréquente sur de longues sections.

Après la plongée, il est souvent plus sage et plus sûr de noter son observation comme « Gracilariale indéterminée » ou de se limiter, avec toutes les réserves d’usage, à l’espèce la plus probable connue dans la zone.


Les algues brunes ou Phéophycées


Les algues brunes sont les plus grandes et les plus complexes des algues, allant de petites touffes à d’immenses forêts sous-marines. Elles ont souvent une structure différenciée, ressemblant à des plantes terrestres, avec un crampon pour se fixer au rocher, un stipe ressemblant à une tige, des frondes semblables à des feuilles et des petits flotteurs remplis de gaz pour les maintenir près de la surface et de la lumière.

Leur couleur brune, allant du vert olive au brun foncé, est due à un pigment spécial appelé fucoxanthine, qui masque le pigment vert, la chlorophylle.

Grâce à la fucoxanthine, les algues brunes peuvent capter les lumières bleue et verte qui pénètrent plus profondément. Elles peuvent donc vivre un peu plus bas que les algues vertes mais sans toutefois atteindre les profondeurs auxquelles les algues rouges peuvent survivre.


Le varech spiralé

(Algue brune)

Nom scientifique :
Fucus spiralis

Taille :
Le thalle [] mesure entre 15 et 40 cm de hauteur. Il est fixé au substrat par un disque basal et le sommet du thalle [] ramifié porte des boursouflures.

Couleurs :
Dans l’eau, le thalle [] est de couleur olivâtre à brun clair. Il devient noir lorsqu’il sèche, exposé à l’air libre.

Où le trouver ?
Dans les zones abritées, jusqu’à 6 m de profondeur. Sur l’estran, dans la portion supérieure, au-dessus de la zone des varechs vésiculeux.

Fucus spiralé à Bruinisse (De ducs)


Critères de reconnaissance :
Le varech spiralé se distingue des deux autres varechs de Zélande par la torsion de son thalle [] qui semble se tordre légèrement sur lui-même, par l’absence de dentelure sur les bords du thalle [] et par l’absence de vésicules de gaz.


Les boursouflures au sommet du thalle [] sont remplies de poils qui retiennent l’eau quand le varech est exposé à l’air libre. Elles ne contiennent pas de gaz.

Le fucus spiralé est l’une des espèces les plus tolérantes à la déshydratation. Très haut sur la zone de balancement des marées, il peut passer jusqu’à 90% de son temps hors de l’eau entre deux marées de vives eaux.


Le varech vésiculeux 

(Algue brune)

Nom scientifique :
Fucus vesiculosus

Taille :
Le thalle [] mesure entre 15 cm et 1 m de longueur.

Couleurs :
Le thalle [] arbore une couleur olivâtre à jaune sous l’eau mais il devient noir quand il est exposé à l’air libre.

Où le trouver ?
A faible profondeur juste en dessous de la ceinture des varechs spiralés et au-dessus de la ceinture des varechs dentelés.

Fucus vésiculeux au Pont de Zélande



Critères de reconnaissance :
Le varech vésiculeux porte, comme son nom l’indique, des vésicules caractéristiques présentes par paires le long de l’axe médian de ses lames []. Le thalle [] n’est pas dentelé.


Les vésicules sont des flotteurs qui contiennent de l’air avec une concentration variable d’oxygène en fonction de l’activité photosynthétique du varech. Le nombre de flotteurs dépend de l’exposition du milieu. Il ne faut pas confondre ces flotteurs avec les structures qui se trouvent au sommet du thalle [] et qui servent, soit à la reproduction, soit à éviter le dessèchement quand l’algue est hors eau et exposée à l’air libre.

Autrefois donné comme nourriture au bétail, le varech vésiculeux est maintenant utilisé pour ses alginates, des composés utilisés comme gélifiant dans l’alimentation et dans les cosmétiques et comme médicament dans le traitement des plaies et de l’acidité gastrique


Le varech dentelé

(Algue brune)

Nom scientifique :
Fucus serratus

Taille :
Le thalle [] mesure entre de 15 et 60 cm de hauteur en fonction des conditions de courants.

Couleurs :
La couleur se situe généralement entre l’olivâtre et le brun.

Où le trouver ?
Comme les autres varechs, celui-ci est fixé par un disque basal sur le substrat [] rocheux. Il est présent en dessous de la ceinture des varechs vésiculeux et jusqu’à 15 m de profondeur.

Fucus dentelé à Plompetoren

Critères de reconnaissance :

Les bords dentelés du thalle [] sont typiques de cette espèce de varech qui n’a pas de flotteurs.


En raison de son positionnement plus bas sur l’estran et du fait qu’il reste immergé plus longtemps, le fucus dentelé sert de substrat et d’abri privilégié pour une grande diversité de petits invertébrés marins. C’est un lieu d’observation à privilégier.

Tout comme le varech vésiculeux, le varech dentelé est récolté pour son contenu en alginates, des composés qui en sont extraits et utilisés dans l’industrie agro-alimentaire, dans les cosmétiques et dans l’industrie pharmaceutique.


L’ascophylle 

(Algue brune)

Nom scientifique :
Ascophyllum nodosum

Taille :
Le thalle [] des plus grands spécimens dépasse le mètre de longueur.

Couleurs :
La couleur olivâtre ou brunâtre est la plus fréquemment observée.

Où la trouver ?
L’ascophylle vit fixée aux rochers dans la même zone que le varech vésiculeux dont elle peut parfois prendre la place.



Critères de reconnaissance :
L’espèce est caractérisée par la présence de grands flotteurs dans l’axe de la lame []. Ces flotteurs sont très différents des flotteurs du fucus vésiculeux qui s’organisent par paires de part et d’autre d’un axe médian.


Il existe un moyen simple pour estimer approximativement l’âge d’une ascophylle. Il suffit de compter le nombre de flotteurs qu’elle porte et ajouter 1 ou 2 à ce nombre. Une ascophylle peut vivre jusqu’à 15 ans.

L’ascophylle est récoltée comme les varechs pour nourrir le bé tail et pour ses alginates, des composés qu’on en extrait et qui sont utilisés dans l’agro-alimentaire, dans l’élaboration des cosmétiques et des médicaments. La récolte se fait cependant un peu différemment : on laisse entre 15 et 20 cm du thalle [] en place afin que celui-ci puisse repousser et être à nouveau récolté quelques années plus tard.


La zonation des pelvéties, varechs et ascophylles sur l’estran

1  –  Varech spiralé

2  –  Varech vésiculeux

3  –  Varech dentelé

4  –  Ascophylle

L’espèce est caractérisée
par la présence de grands flotteurs
dans l’axe de la lame.
Repères pour l’identification
PelvétieTout en hautN’est pas présentée dans ce fascicule.
1 Varech spiraléen haut de l’estran, sous la zone des pelvéties, au-dessus de la zone des varechs vésiculeuxLe thalle semble se tordre légèrement sur lui-même. Pas de dentelure aux bords du thalle.
Pas de flotteurs.
2 Varech vésiculeuxEn-dessous de la zone des varechs spiralés et au-dessus de la zone des varechs dentelésLe thalle porte des flotteurs par paires de part et d’autre de l’axe médian bien visible des lames. Le thalle n’est pas dentelé.
3 Varech denteléEn-dessous de la zone des varechs vésiculeux et jusqu’à 15 m de profondeurLes bords du thalle sont dentelés. Cette espèce n’a pas de flotteurs.
4 AscophylleEn-dessous de la zone des varechs vésiculeux et jusqu’à 15 m de profondeurL’espèce est caractérisée par la présence de grands flotteurs dans l’axe de la lame.

La sargasse japonaise

(Algue brune)

Nom scientifique :
Sargassum muticum

Taille :
Le thalle [] peut mesurer plus d’un mètre de longueur.

Couleurs :
La couleur est généralement jaune-ocre mais elle peut varier vers le brun-vert ou le brun-rouge.

Où la trouver ?
Jusqu’à 20 m de profondeur, fixée sur des petits cailloux enfouis dans le fond sableux ou détritique.

Sargasse japonaise au Pont de Zélande


Critères de reconnaissance :
Cette grande algue à l’aspect buissonnant se reconnaît à ses petits flotteurs en forme de baies présents sur toute la longueur du thalle [].


Cette sargasse a été introduite via l’importation massives d’huîtres creuses japonaises en Angleterre dans les années 1970. Elle est arrivée en Zélande une dizaine d’années plus tard. Son succès est dû à sa croissance rapide : jusqu’à 4 cm par jour en été !

En Zélande, la sargasse japonaise s’est adaptée aux conditions locales (courants, salinité ou clarté de l’eau). Elle peut donc différer légèrement par rapport à la même algue sur d’autres côtes européennes.


La dictyote

(Algue brune)

Nom scientifique :
Dictyota dichotoma

Taille :
Le thalle [] mesure jusqu’à 30 cm de hauteur.

Couleurs :
La couleur est souvent jaune, avec des variantes entre l’ocre et le brun. Le bord du thalle [] comporte une iridescence [] bleue quand l’algue est immergée.

Où la trouver ?
Ubiquiste, la dictyote peut se fixer sur un substrat rocheux comme elle peut se fixer sur d’autres algues jusqu’à 30 m de profondeur.

Dictyote au Pont de Zélande

Dictyote de Méditerranée



Critères de reconnaissance :
Les ramifications uniquement dichotomiques [] sont caractéristiques du genre Dictyota. Le sommet des ramifications est arrondi et il n’y a pas d’axe médian comme chez les varechs. Il n’existe qu’une seule espèce de Dictyota en Zélande, il est donc impossible de la confondre avec une autre algue.


L’iridescence [] de la dictyote n’est pas due à des pigments mais à une structure physique de la surface du thalle [] qui reflète la lumière un peu comme la surface d’un CD ou l’aile d’un colibri.

La dictyote est également présente en Méditerranée mais elle s’y reproduit différemment. En Méditerranée, la dictyote se reproduit principalement de manière asexuée alors que, en Zélande, elle se reproduit majoritairement de manière sexuée !


La voleuse d’huîtres

(Algue brune)

Nom scientifique :
Colpomenia peregrina

Taille :
Le diamètre de cette algue mesure très rarement plus de 7 cm.

Couleurs :
Les couleurs les plus fréquentes sont le jaune, l’ocre, le brun et le verdâtre.

Où la trouver ?
Elle vit jusqu’à 3 m de profondeur, fixée sur différents substrats [] dont d’autres algues.

Voleuse d’huître au Pont de Zélande

Critères de reconnaissance :
La voleuse d’huîtres est creuse, plus ou moins sphérique. Au toucher, sa texture rappelle le parchemin. Elle ne peut être confondue avec aucune autre algue de Zélande.


Cette algue doit son nom au fait qu’il y a eu des observations de jeunes huîtres flottant à la dérive, arrachées à leur substrat par une voleuse d’huîtres qui s’était fixée dessus et dont le contenu en air avait fait se détacher les jeunes huîtres de son substrat [].

La voleuse d’huîtres a été introduite depuis l’Indopacifique en Europe au début du vingtième siècle. Elle a été observée pour la première fois dans le Grevelingen en 1986.


Le wakamé 

(Algue brune)

Nom scientifique :
Undaria pinnatifida

Taille :
Si la longueur moyenne des thalles [] se situe autour d’un mètre, on rencontre parfois des thalles [] mesurant 2 m de longueur et plus !

Couleur :
La couleur se situe entre le jaune et le brun, parfois translucide.

Où le trouver ?
Jusqu‘à 15 m de profondeur, fixée sur tout type de substrat [] solide qu‘il soit naturel ou non.

Wakamé à Oesterdam

Plis sur la base du stipe d’un wakamé

Critères de reconnaissance :
L’axe médian est très visible et le reste du thalle [] se répartit de part et d‘autre de cet axe. Le thalle [] se rapetisse latéralement vers le sommet ce qui confère une forme de triangle ou de plume. Les individus fertiles sont dotés de plis à la base du stipe [] (voir photo ci-contre).


Originaire des côtes d’Asie du Nord-Ouest (Japon, Corée, Chine), le wakamé est largement cultivé dans cette région parce qu‘il entre dans la composition de nombreuses soupes et salades et dans l’alimentation animale.

Il est aujourd’hui classé parmi les espèces invasives les plus nuisibles dans le monde. Son expansion mondiale depuis les années 1970 est en grande partie due au transport maritime et au transfert de naissain d’huîtres en provenance d’Extrême-Orient.


Introduction : les plantes

La distinction entre les algues marines et les plantes marines est une question de structure et d’évolution. Comment un plongeur en Zélande peut faire la différence entre algues et plantes ?

Les plantes marines sont de vraies plantes qui ont évolué et sont retournées vivre dans la mer.

CaractéristiquesCe que le plongeur observeExplication simple
Les racinesLes plantes marines ont de vraies racines ancrées dans le sable ou la vase.Elles absorbent l’eau et les nutriments par ces racines.
Les tiges
et les feuilles
Le rhizome est une tige souterraine. Les feuilles, souvent longues et rubanées,
présentent des nervures régulières.
Leur système vasculaire interne est composé de vaisseaux pour transporter l’eau et les nutriments.
Des fleurs
et des graines
Elles produisent sous l’eau des fleurs et des graines pour se reproduire.Ce sont des plantes à fleurs, même si la floraison sous l’eau est discrète.
L’aspect généralElles forment parfois de véritables prairies sous-marines.Elles ressemblent vraiment à de l’herbe coupée qui pousse au fond.


Les algues marines, qu’elles soient vertes, rouges ou brunes, présentent une structure différente.

CaractéristiquesCe que le plongeur observeExplication simple
Les racines
Les algues n’ont pas de vraies racines mais un simple disque d’attache ou quelques crampons.Ce point d’attache sert uniquement à fixer l’algue qui absorbe les nutriments directement par toute sa surface.
Les tiges et les feuilles
Elles n’ont pas de vraies tiges ou de vraies feuilles, mais un corps uniforme appelé le thalle [].Elles n’ont pas de vaisseaux pour transporter la sève.
Des fleurs et des graines
Elles ne produisent jamais ni fleurs ni graines.Leur mode de reproduction est différent, parfois plus simple
et parfois plus complexe.
L’aspect généralLeurs formes sont très variées : fines et filamenteuses,
en forme de ruban large, en touffes, ou d’aspect gélatineux.
Elles peuvent être très colorées (brunes, vertes ou rouges).
Leur structure est souvent moins rigide que celle des plantes.

Pour les reconnaître :

  • Si l’organisme est fixé par un simple disque ou de simples crampons, il s’agit probablement d’une algue.
  • Si l’organisme a un réseau de tiges souterraines ou rampantes d’où partent les « feuilles », c’est une plante marine.

Les algues présentent une très grande variété de formes (filamenteuses, rubanées, en boule, en forme d’arbre, etc.), mais l’absence d’un véritable ensemble « racines – tige – feuilles » reste la clé pour les différencier des plantes.


La zostère 

(Plante)

Nom scientifique :
Zostera marina

Taille :
La plante peut atteindre 1,5 m de hauteur. La largeur des feuilles mesure entre 2 mm et 1 cm de largeur. Les feuilles sont arrondies à leur extrémité.

Couleur :
La couleur est toujours d’un vert bien prononcé.

Où les trouver ?
Jusqu’à 11 m de profondeur sur des fonds sableux ou de graviers.

Critères de reconnaissance :
La zostère est ancrée dans le sédiment par un rhizome de 2 à 5 mm de diamètre. Les feuilles sont parcourues de 3 à 11 nervures longitudinales.

Aucun membre du Projet Bio-Zélande n’a pu photographier de zostères au cours de ses plongées en Zélande ! A notre décharge, la situation de la zostère en Zélande est complexe et préoccupante.  

Depuis près d’un siècle, les herbiers de Zostera marina de Zélande ont subi un déclin majeur attribué à une maladie et aux impacts de la pollution et des travaux côtiers. Ainsi, dans le Grevelingen où la zostère avait initialement prospéré, elle couvrait encore jusqu’à 4.600 hectares en 1978. Après la fermeture du Grevelingen, la quasi-totalité de cet herbier a été perdue dans les années 1980-1990.

Le Rijkswaterstaat a entamé des projets de restauration de la zostèredans le Grevelingen. Depuis 2018, des efforts sont déployés pour créer des herbiers autonomes à partir de semences et de plus d’un million de plants provenant de la mer des Wadden []. Entre 2018 et 2022, la superficie cultivée en zostères dans le Grevelingen est passée de 30 à 650 hectares. Cependant, à ce jour, aucun effet d’envergure n’est déjà visible sur les sites de plongée.

Zostera marinase distingue de Nanozostera noltei aussi présente en Zélande mais uniquement sur des fonds vaseux à très faible profondeur (moins d’un mètre).
Nanozostera noltei est beaucoup plus petite et étroite et les feuilles se terminent de façon droite et non arrondie comme Zostera marina.

Si vous avez la chance ou le bonheur de pouvoir voir et photographier une zostère en Zélande, et si vous acceptez de partager votre photo avec d’autres passionnés et passionnées de la vie sous-marine en Zélande, merci de la transmettre en bonne définition à info@divingzeeland.be avec vos nom, prénom et coordonnées, en mentionnant le spot de plongée et la date de la photo.


La beauté de la flore de Zélande