arthropodes et crustacés

Fascicule 11 : les arthropodes

Table des matières de ce fascicule
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L’embranchement des arthropodes

L’embranchement des arthropodes est de loin le plus riche en espèces du règne animal. En additionnant les espèces terrestres et aquatiques, on estime qu’il comprend plus d’un million et demi d’espèces connues. Certaines estimations suggèrent qu’il pourrait y en avoir entre 2 et 10 millions au total ! Les crustacés, les insectes, les chélicérates [] et les myriapodes [] sont les sous-embranchements d’arthropodes les plus connus..

Un crustacé : le homard (Homarus gammarus)

Un insecte : le papillon (Argyreus hyperbius)

Un chélicérate : la tégénaire domestique (Tegenaria domestica)

Un myriapode : le mille-pattes (Pachyiulius flavipes)

Dans les eaux zélandaises, nous n’aurons pas l’occasion d’observer d’insectes ou de myriapodes []. Les chélicérates [] ne sont actuellement représentés que par un seul organisme récemment arrivé: l’araignée à bande brune dont il sera question à la fin de ce fascicule.

En revanche, les crustacés [] y sont présents en grand nombre et leurs rencontres constituent souvent un but majeur de plongée. Ils constituent l’essentiel de ce fascicule.

Le sous-embranchement des crustacés

Anatomie et comportement des crustacés

La taille des crustacés varie de quelques millimètres (petites formes planctoniques comme le krill []) à plusieurs dizaines de centimètres comme le homard qui est le plus grand crustacé qu’on peut rencontrer en Zélande.

Les crustacés microscopiques échappant à nos observations, nous limiterons nos propos aux crustacés de grande taille visibles et identifiables lors de nos plongées.

L’anatomie interne des crustacés est complexe mais l’allure générale reste souvent semblable et l’observation du corps permet le plus souvent de distinguer les 3 segments caractéristiques des arthropodes :

  • la tête porte une paire d’antennes, une paire d’antennules [], une paire d’yeux composés souvent capables de scruter un champ de vision de 180° et une partie des pièces buccales ;
  • le thorax, souvent recouvert par une carapace d’une seule pièce, porte des appendices bien développés et contient les principaux organes internes (cœur, glande digestive, estomac, gonades [], branchies…) ;
  • l’abdomen dont les segments sont également pourvus d’appendices se compose en majorité de muscles et contient l’intestin.

Anatomie d’une crevette

Ce schéma général tête-thorax-abdomen comprend de nombreuses variations. Chez certaines espèces, la tête et le thorax se sont, au fil des évolutions, réunis en une partie unique qu’on appelle céphalothorax. C’est le cas chez les crabes dont la tête, fusionnée avec le thorax, forme un céphalothorax recouvert d’une carapace unique.

Les crustacés présentent un régime alimentaire très varié. Parmi les espèces peu mobiles ou fixes, on trouve surtout des animaux filtreurs microphages [] comme les balanes. Les crustacés mobiles et/ou de plus grande taille sont souvent opportunistes et leur alimentation peut inclure une large gamme de proies. Certains sont carnivores et se nourrissent de proies vivantes.

D’autres sont nécrophages [] et consomment des cadavres. Certains encore sont détritivores, se nourrissant de matière organique en décomposition sur le fond marin. Certains pourraient même être qualifiés d’omnivores car ils mangent… tout ce qui se présente !

La formation de la carapace des crustacés

Peu importe la forme qu’elle peut prendre, la carapace articulée, par sa seule présence, est un indice majeur pour identifier un crustacé. Outre la protection qu’elle apporte, elle sert aussi de squelette externe. Mais comment cette carapace se fabrique-t-elle ?

Le tégument [] des crustacés est riche en glandes secrétant une molécule de la famille des glucides, la chitine. Cette chitine est un matériau résistant et souple mais qui durcit en présence du carbonate de calcium dissous dans l’eau de mer. La carapace du crustacé va donc se rigidifier sauf en certaines zones qui demeurent souples, permettant l’articulation des différentes parties du corps ainsi que des appendices et autorisant les mouvements. Mais, une fois rigidifiée, la carapace n’est plus extensible alors que le jeune crustacé continue à grandir régulièrement pendant toute la durée de sa croissance. Il faut donc que les crustacés muent un certain nombre de fois.

Chaque mue constitue pour chaque crustacé une période particulièrement dangereuse. En effet, il commence par décoller son épiderme de sa carapace puis secrète un liquide de mue qui contient des enzymes qui ont pour effet de digérer les couches les plus internes et les moins dures de la carapace.

Le décollement de la carapace est souvent suivi de modifications de l’épiderme qui lui permettent de se développer avant l’élaboration de la nouvelle carapace. Le moment venu, le crustacé gonfle son corps au maximum en avalant de l’eau ou de l’air selon qu’il mène une vie aquatique ou terrestre et il effectue des mouvements rythmiques précis. La vieille carapace se déchire selon des lignes de moindre résistance qui ont été presque complètement digérées par le liquide de mue. Les mouvements de l’animal lui permettent de s’extraire de sa vieille carapace.

Le QR-code ci-contre permet de visionner une courte vidéo qui montre un homard qui se dégage de son ancienne carapace devenue trop petite.


La nouvelle carapace devra encore se rigidifier par absorption du carbonate de calcium dissous dans l’eau avant que le crustacé puisse reprendre une vie et une alimentation normales, bien abrité et protégé des prédateurs.

Carapaces abandonnées à Putti’s Place par des crabes verts lors de leurs mues


Les décapodes


Le homard européen 

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Homarus gammarus

Taille :
Le corps, sans les pinces, peut mesurer plus de 50 cm de longueur.

Couleurs :
Vivant, le homard européen est bleu indigo ou bleu grisé. Il ne vire au rouge corail qu’au moment de sa cuisson ! 

Où le trouver ?
Le homard est un animal nocturne qui se tient caché le jour dans les anfractuosités des rochers, ne laissant dépasser que ses antennes et ses pinces.

Homard européen à Oesterdam

Critères de reconnaissance :
La morphologie du homard est caractéristique et aucune confusion n’est possible avec un autre crustacé.

Les pinces imposantes sont dissymétriques : l’une, la pince écrasante, est plus massive que l’autre, la pince coupante.

Il existe des homards gauchers qui portent leur pince écrasante à gauche mais il existe aussi des homards droitiers qui portent leur pince écrasante à droite. Pour estimer l’âge d’un homard, il faut d’abord estimer son poids et diviser celui-ci par 100. Ainsi, un homard de 800 g est âgé d’à peu près 8 ans.


Le crabe vert

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Carcinus maenas

Taille :
La carapace mesure de 4 à 6 cm de longueur et de 5 à 7 cm de largeur.

Couleurs :
Malgré son appellation, la coloration du crabe vert est très variable selon les individus et les périodes de la vie de l’animal : jaune chez les juvéniles, de vert jaunâtre à brun chez les adultes.

Où le trouver ?
Sur des substrats rocheux ou sableux, de l’estran [] jusqu’à 30 m de profondeur.

Crabe vert juvénile à Den Osse

Gardiennage pré-copulatoire d’un couple de crabes verts à Zoetersbout

Critères de reconnaissance :
À l’avant, entre les deux yeux, le front comprend trois pointes arrondies.

Au-delà des yeux, chaque flanc de la carapace hexagonale présente 5 petites dents.

La reproduction de nombreux crabes ne peut avoir lieu qu’entre la mue de la femelle et le durcissement de sa carapace. En-dehors de cette courte période, la carapace empêche la fécondation interne des ovocytes [] de la femelle. Le mâle qui souhaite se reproduire doit donc repérer une femelle prête à muer et la coincer sous lui en attendant qu’elle mue. Ce n’est que quand elle sera enfin dégagée de son ancienne carapace que le mâle pourra la retourner et la féconder


L’étrille

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Necora puber

Taille :
La carapace trapézoïdale mesure jusqu’à 10 cm de largeur, voire plus chez des sujets plus âgés.

Couleurs :
Les yeux de l’étrille sont d’un rouge typique, la couleur du corps varie du marron au noir. Les pinces ont des reflets bleuâtres et des aspérités sur leurs bords internes.

Où la trouver ?
A faible profondeur, souvent cachée sous les algues ou sous les pierres.

Etrille au Pont de Zélande

Gardiennage pré-copulatoired’un couple d’étrilles à Zoetersbout

Critères de reconnaissance :
Les yeux rouges sont caractéristiques. On note la présence de 7 à 10 dents entre les deux yeux. Les pattes sont marquées de longues rayures bleues ou violettes.

Le dos de la carapace est souvent recouvert d’une courte pilosité qui retient les particules et donne à l’étrille un aspect sale.

L’étrille fait partie des crustacés recherchés lors de la pêche à pied []. Elle est aussi péchée par des professionnels qui la commercialisent car tout est bon à manger dans l’étrille. Sa chair est excellente et son goût s’apparente à celui du homard.


Les crabes nageurs 

(Crustacé décapode [])

Noms scientifiques :
Polybius holsatus et Polybius navigator

Certaines références plus anciennes parlent de Liocarcinus arcuatus. Cette dénomination n’est plus valide aujourd’hui et a été remplacée par Polybius navigator. De même, la dénomination de Liocarcinus holsatus n’est plus valide aujourd’hui non plus et a été remplacée par Polybius holsatus.

Polybius navigator et Polybius holsatus sont tous les deux des crabes nageurs appartenant à la famille des Polybiidae. Il n’y a pas entre eux de différence significative de taille, celle-ci ne dépassant pas 4 cm de largeur. Ils ont tous les deux une carapace en forme de trapèze relativement plate et, surtout, des pattes arrière aplaties bien adaptées à la nage. Ils partagent aussi le même environnement marin.

Où les trouver ?
Depuis la zone littorale jusqu’à de grandes profondeurs, principalement dans des zones sableuses à courant modéré où des substrats [] grossiers permettent aux crabes nageurs de trouver facilement un refuge. Ils évoluent sur le fond mais nagent aussi parfois à proximité du fond

A gauche, un Polybius navigator photographié au Pont de Zélande ; à droite, un accouplement de Polybius holsatus également photographié au Pont de Zélande lors d’une autre plongée.

Alors comment les différencier ?

Polybius navigator

Couleurs :
Selon les individus, la couleur varie du brun foncé au brun rouge.

Critères de reconnaissance :
Après avoir observé l’adaptation des pattes arrière à la nage et avoir identifié un crabe nageur, il faut regarder attentivement le bord frontal de la carapace entre les deux yeux.

Chez Polybius navigator, le bord frontal de la carapace présente ou non une frange de petits poils courts mais il est dépourvu d’épines.


Polybius holsatus

Couleurs :
Selon les individus, la couleur varie du brun au gris vert ou au gris bleu.

Critères de reconnaissance :
Après avoir observé l’adaptation des pattes arrière à la nage et avoir identifié un crabe nageur, il faut regarder attentivement le bord frontal de la carapace entre les deux yeux.

Chez Polybius holsatus, le bord frontal présente toujours au moins trois épines, l’épine centrale étant plus longue que ses voisines.

De plus, le dessus de la carapace est orné d’une série de points blancs semblant esquisser le dessin d’un cœur.


Le tourteau

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Cancer pagurus

Taille :
Le tourteau peut atteindre 25 cm de largeur mais on rencontre généralement des spécimens plus modestes mesurant 15 cm de largeur.

Couleurs :
Le tourteau est de couleur brun-chamois avec des nuances orangées mais la couleur de la carapace varie selon l’âge, certains jeunes tourteaux sont parfois très clairs.

Où le trouver ?
A faible profondeur dans les zones rocheuses ou présentant de nombreuses anfractuosités dans lesquelles le tourteau peut s’abriter.

Tourteau au Pont de Zélande

Critères de reconnaissance :
La carapace est deux fois plus large que longue. Elle est lisse et chaque bord latéral est festonné d’une dizaine de lobes arrondis.

Les doigts des pinces sont noirs.

Contrairement à ce que pourraient laisser penser ses imposantes pinces, le tourteau n’est pas un grand prédateur. Sa larve se nourrit de plancton en suspension ou de matières organiques en décomposition filtrées dans l’eau. L’adulte est surtout détritivore [] nécrophage []. Ce n’est qu’en complément qu’il capture aussi des proies fixées ou peu capables de fuite, des petits crustacés, des mollusques, des vers sédentaires.


Les Hemigrapsus

(Crustacé décapode [])

Noms scientifiques :
Hemigrapsus sanguineus et Hemigrapsus takanoi.

Ces deux espèces ne sont arrivées que récemment en Zélande, autour des années 2000, mais elles y sont déjà bien établies. Il est rare d’effectuer une plongée sans en croiser quelques spécimens. C’est volontairement que nous les rassemblons sous le même intitulé. En effet, leur distinction en plongée est loin d’être évidente et elle requiert une observation difficile à réaliser quand on ne peut pas observer les deux espèces côte à côte.

Hemigrapsus sanguineus photographié à Geersdijk

Hemigrapsus takanoi photographié à Wemeldinge Linda

Taille :
Hemigrapsus takanoi est généralement plus petit, avec une carapace mesurant 2,5 à 3 cm de largeur. Hemigrapsus sanguineus peut être légèrement plus grand : la carapace des adultes peut mesurer 3 à 4 cm de largeur.

Tant chez Hemigrapsus takanoi que chez Hemigrapsus sanguineus, le mâle adulte est plus volumineux que la femelle. Son abdomen est effilé et triangulaire, celui de la femelle est large et arrondi.

Hemigrapsus takanoi

Hemigrapsus sanguineus

Couleur : La carapace de Hemigrapsus takanoi est toujours sombre, souvent grisâtre, verdâtre ou brune, tandis que celle de Hemigrapsus sanguineus peut être plus variable, allant du violet au brun, en passant par l’orange et le vert.

Où les trouver ?
Dans les zones rocheuses ou dans les fonds constitués de graviers, à faible profondeur de même que sur l’estran [] à marée basse, sous les algues ou sous les pierres. De nombreux individus peuvent se regrouper sous un même abri et former de véritables colonies.

Critères de reconnaissance :
Les mâles de Hemigrapsus takanoi possèdent une touffe dense de poils sur le bord externe de la pince. Cette touffe est beaucoup plus développée que chez Hemigrapsus sanguineus.

Chez Hemigrapsus takanoi, les pattes marcheuses, assez larges et aplaties, sont généralement marquées de bandes plus sombres, plus ou moins distinctes selon les individus. 

Hemigrapsus sanguineus présente des points noirs sur les segments abdominaux ventraux, Hemigrapsus takanoi n’en possède pas.

Hemigrapsus sanguineus ou Hemigrapsus takanoi ? Méfiez-vous de vos certitudes !

Les Hemigrapsus sont particulièrement invasifs en Zélande en raison de plusieurs facteurs. Hormis les goélands, ces crabes ne rencontrent que peu de prédateurs capables de réguler leur population. Ensuite, les femelles peuvent pondre jusqu’à 50.000 œufs plusieurs fois par an. Enfin, se cachant sous les algues, sous les rochers et sous les bancs d’huitres et de moules, ils perturbent la chaîne alimentaire en s’attaquant aux larves et aux juvéniles des invertébrés et des poissons, mettant ainsi en danger certaines espèces indigènes comme le crabe vert.


L’araignée des anémones 

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Inachus phalangium

Taille :
La carapace des grands mâles peut atteindre 20,5 mm de longueur sur 17,5 mm de largeur. La carapace devient plus étroite vers l’avant de l’animal et peut être dissimulée par des organismes encroûtants.

Couleurs :
Le jaune brunâtre est largement dominant.

Où la trouver ?
En Zélande, l’araignée des anémones vit en qualité de commensale [] avec l’anémone de mer verte (Anemonia viridis). C’est donc à l’intérieur ou à proximité immédiate de celle-ci qu’il faut la chercher.

Le plus souvent, on ne voit qu’un seul individu par anémone de mer verte mais ce constat n’est pas absolu. Deux ou trois araignées des anémones peuvent partager au moins temporairement un même gîte.

Araignée des anémones au Pont de Zélande

Critères de reconnaissance :
La forme triangulaire de la carapace et la proximité immédiate de l’anémone de mer verte (Anemonia viridis) ne permettent aucun doute quant à l’identification.

Contrairement à ce que le nom vernaculaire [] pourrait laisser croire, l’araignée des anémones n’est pas une vraie araignée mais un crustacé !

L’araignée des anémones se protège des prédateurs en s’abritant sous les tentacules de l’anémone de mer verte qui profite, quant à elle, des particules de nourriture laissées par l’araignée des anémones


Les bernard-l’ermite 

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Pagurus sp.

Taille :
Selon les individus, la longueur est comprise entre 3 et 10 cm.

Couleurs :
Les couleurs claires et orangées sont dominantes.

Où les trouver ?
Sur ou entre les roches et le sable, dans des zones dégagées et dans les zones couvertes d’algues, de la zone de balancement des marées jusqu’aux plus grandes profondeurs.

Bernard-l’ermite au Pont de Zélande

Critères de reconnaissance :
La coquille abritant un bernard-l’ermite est souvent surmontée d’une anémone de mer ou d’une éponge encroûtante. Parce qu’il ne forme pas de carapace sur son abdomen, le bernard-l’ermite utilise en permanence une coquille vide pour se protéger des prédateurs. Lorsque sa croissance rend la carapace trop étroite, il en change pour une plus spacieuse.

Jusqu’il y a peu, tous les bernard l’ermite de Zélande étaient des Pagurus bernhardus. Aujourd’hui, on rencontre aussi des pagures poilus (Pagurus cuanensis) et des gonfarons (Pagurus prideaux).

Si vous croisez de petits bernard l’ermite mesurant moins de 5 cm de longueur, regardez-les attentivement, ce sont peut-être des pagures poilus ou des gonfarons. N’hésitez pas dans ce cas à partager vos photos !


La galathée noire

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Galathea squamifera

Taille maximale :
jusqu’à 65 mm de longueur totale dont 32 mm pour la carapace

Couleurs :
La galathée est de couleur brune à noire avec une nuance verte caractéristique et des épines à pointe rouge. Les juvéniles ont une couleur plus rougeâtre.

Où la trouver ?

Dans les zones rocheuses ou dans les concentrations d’algues de l’estran [] et jusqu’à 20 m de profondeur. A marée basse, on peut trouver des galathées cachées sous les rochers.

Critères de reconnaissance :
La première paire de pattes est terminée par une paire de pinces appelées chélicères. Les pinces sont recouvertes de tubercules mais n’ont pas d’épines. La dernière paire de pattes thoraciques est réduite.

La grande paire d’antennes est presque aussi longue que la paire de pinces.

La galathée se déplace, soit grâce à ses pattes, soit grâce à sa queue qui peut la propulser vers l’arrière. C’est un animal très agile.


Les macropodes

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Macropodia spp.

Taille :
La longueur de la carapace est comprise entre 2,5 et 3 cm. Les pattes mesurent de 6 à 7 cm de longueur.

Couleurs :
Les pattes et la carapace sont de couleur grisâtre à jaunâtre. Certains macropodes présentent des taches blanches.

Où les trouver ?
Sur tous les types de substrat [], les macropodes sont souvent habilement camouflés dans les algues, à faible profondeur.

Macropode au Pont de Zélande

Critères de reconnaissance :
La forme triangulaire de la carapace est caractéristique mais les fragments d’algues, d’éponges et d’hydrozoaires [] dont les macropodes se couvrent le corps et les pattes en font des rois du camouflage.

Le sexe des macropodes est bien distinct : les pinces sont plus fortes chez les mâles adultes que chez les femelles. Ces dernières ont un abdomen plus bombé que celui des mâles, surtout quand elles portent des œufs. Il y a quelques années, tous les macropodes de Zélande appartenaient à l’espèce Macropodia rostrata. Depuis lors, de nouvelles espèces de macropodes se sont installées mais leur identification précise n’est pas possible en plongée. Nous nous limitons donc à l’identification du genre sans autre précision.


Les crevettes roses

(Crustacé décapode [])



Noms scientifiques :
Palaemon elegans, Palaemon serratus et Palaemon adspersus

Ces trois espèces se ressemblent fortement et nous les rassemblons sous le même intitulé. Leur distinction en plongée n’est pas évidente mais à la portée de tout plongeur qui possède une bonne lampe et prend le temps d’observer.

Taille :
La petite crevette rose Palaemon elegans mesure le plus souvent entre 2 et 6 cm de longueur.

La crevette bouquet balte Palaemon adspersus mesure le plus souvent entre 4 et 5 cm mais des spécimens plus grands, jusqu’à 7 cm, sont parfois observés.

Palaemon serratus, la grande crevette rose ou crevette bouquet, atteint jusqu’à 11 cm de longueur.

Couleur : La petite crevette rose Palaemon elegans présentent des bandes et des lignes transversales sur tous les segments de l’abdomen. Les articulations des pattes présentent des colorations bleues et jaunes.

La grande crevette rose ou crevette bouquet Palaemon serratus présente des bandes de couleur brun rougeâtre et des points jaunes sur la carapace.

La crevette bouquet balte, Palaemon adspersus, ne possède ni strie ni bande de couleur sur le dos.

Palaemon adspersus

Palaemon elegans

Palaemon serratus

Où les trouver ?
Parce qu’elle privilégie les faibles profondeurs, la petite crevette rosePalaemon elegans est souvent trouvée dans les cuvettes rocheuses de l’estran [], dégagées à marée basse.

Les plus grandes crevettes roses, Palaemon serratus et Palaemon adspersus, préfèrent les fonds rocheux et sablo-vaseux jusqu’à 40 mètres de profondeur.

Rostre de grande crevette rose (Palaemon serratus)

Critères de reconnaissance :
La crevette bouquet balte, Palaemon adspersus, ne possède ni strie ni bande de couleur sur le dos.

Le rostre [] est le prolongement pointu de la tête des crustacés. Outre la différence de taille, l’observation du rostre [] permet aussi de distinguer la petite crevette rose des grandes crevettes roses, que ce soient des crevettes bouquets ou des crevettes bouquets baltes.

Chez les grandes crevettes roses, le rostre [] est nettement plus long que chez la petite crevette rose et il est recourbé vers le haut. Le rostre [] est garni de 3 épines. L’espace entre la 1° et la 2° épine est nettement plus grand que l’espace entre la 2° et la 3° épine.

Chez la petite crevette rose, Palaemon elegans, le rostre [] est plus court que chez les grandes crevettes roses Palaemon serratus et Palaemon adspersus et les espaces entre les trois épines du rostre sont identiques.

La grande crevette rose Palaemon serratus est capable de sauter hors de l’eau pour échapper à ses prédateurs. En cas de besoin, elle se révèle être une véritable acrobate !

Elle possède aussi une capacité auditive surprenante ! Elle est capable d’entendre des sons sous l’eau avec une acuité similaire à celle des poissons. Cela lui permettrait de percevoir la sonnerie d’un téléphone portable sous l’eau à plus de 30 m de distance !

Rostre de petite crevette rose (Palaemon elegans) 


La crevette à gros doigts 

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Palaemon macrodactylus

Taille :
Les mâles mesurent jusqu’à 4 cm de longueur. Les femelles ont tendance à être plus grandes que les mâles et mesurent jusqu’à 7 cm de longueur.

Couleurs :
Le corps des mâles est transparent avec une teinte rougeâtre sur l’éventail de la queue et la zone des antennes. Les femelles sont pigmentées de taches rouges sur la surface du corps avec une ou plusieurs rayures longitudinales blanches le long du dos.

Crevette à gros doigts femelle à Den Osse

Où la trouver ?
La crevette à gros doigts est typique des fonds de sable fin ou sablo-vaseux situés entre la surface et une vingtaine de mètres de profondeur et qui présentent à proximité des cavités dans lesquelles elle peut se réfugier à l’abri des prédateurs.

Critères de reconnaissance :
La présence d’une ou de plusieurs lignes blanches le long du dos est l’élément essentiel dans l’identification de la crevette à gros doigts.

La crevette à gros doigts est originaire de la Mer de Chine et des côtes du Nord-Ouest de l’océan Pacifique. Elle a été pour la première fois repérée dans la baie de San Francisco dans les années 1950. Une fois établie dans une région, elle se propage aux zones voisines avec une grande facilité apparente. Elle semble aujourd’hui être présente sur les côtes pacifiques du continent américain, sur les côtes australiennes et en Europe. Sa découverte en Zélande est toute récente. Merci à Jean-Pierre Corolla pour le partage en primeur de ce scoop. La température ambiante semble être un des facteurs les plus influents dans le succès du processus d’introduction de cette crevette.


La crevette grise

(Crustacé décapode [])

Nom scientifique :
Crangon crangon

Taille :
Habituellement, la longueur est comprise entre 5 et 8 cm.

Couleurs :
La tonalité générale oscille entre les tons bruns et gris pâle, elle varie sensiblement selon le fond sur lequel la crevette est posée.

Où la trouver ?
Comme la crevette à gros doigts, la crevette grise est typique des fonds de sable fin ou sablo-vaseux situés entre la surface et une vingtaine de mètres de profondeur et qui présentent à proximité des cavités dans lesquelles elle peut se réfugie à l’abri des prédateurs.

Crevette grise à Den Osse

Critères de reconnaissance :
La carapace est munie de trois épines, une sur la ligne médio-dorsale, les deux autres disposées latéralement.

Le rostre [] est court et les yeux sont très rapprochés.

La crevette grise a deux paires d’antennes. La première est courte et dépasse à peine le rostre []. La seconde est presque aussi longue que le corps entier.

Le jour, la crevette grise est peu active, elle reste cachée sous des surplombs rocheux ou enfouie dans le substrat [], ne laissant dépasser que ses antennes, pour échapper aux prédateurs.


Les crevettes des herbiers

(Crustacé décapode [])

Noms scientifiques :
le plus souvent Hippolyte varians ou Eualus cranchii et plus rarement Eualus occultus et Eualus pusiolus

Couleurs :
Les cellules pigmentaires présentes dans le tégument [] de ces crevettes leur permettent de changer de couleur pour se fondre au mieux dans leur environnement et passer ainsi totalement inaperçues.

Où les trouver ?
Cachées parmi les algues et les roches dont elles ne s’éloignent guère.

Crevette des herbiers (Hippolyte varians) à Dreischor

Critères de reconnaissance :
Les crevettes des herbiers présentent au niveau du dos, à hauteur de l’abdomen, une bosse caractéristique. Le sommet de la tête présente une petite épine. Le rostre [] est dépourvu d’épines. Les yeux sont bien visibles car ils sont portés par de longs pédoncules.

Ce sont les antennules, plus ou moins plumeuses et marquées d’une flèche rouge sur les photos ci-dessous, qui permettent de distinguer Hippolyte varians et Eualus cranchii. La distinction en plongée des autres Eualus n’est pas possible.

 Une Hippolyte (Hippolyte varians)

Une Eualus de Cranch (Eualus cranchii)


Les mysidés


Les mysidés

(Crustacé mysidé [])

Nom scientifique :
Praunus flexuosus et autres espèces

Taille :
La longueur totale des mysidés, hors antennes, ne dépasse pas 2,5 cm.

Couleurs :
Tout en étant légèrement transparent, les mysidés présentent des reflets variables entre vert et gris foncé.

Où les trouver ?
Les mysidés nagent le plus souvent en bancs, à faible profondeur, en position verticale, à proximité d’algues ou de cavités dans lesquelles ils se réfugient à l’abri des prédateurs.

Mysidés à Dreischor

Critères de reconnaissance :
La position verticale de la nage des mysidés est caractéristique.

L’abdomen présente une double courbure qui donne aux mysidés une forme de S qui aurait été étiré verticalement.

Les femelles mysidés possèdent une poche sur la face ventrale. Cette poche est appelée poche marsupiale. Elle permet l’incubation en toute sécurité desœufs jusqu’à leur éclosion. Elle offre également une protection supplémentaire aux jeunes larves.

Si Praunus flexuosus, la crevette caméléon, a pu être, quelque temps, le seul mysidé présent en Zélande, ce n’est plus le cas aujourd’hui mais l’identification précise des différentes espèces n’est pas possible en plongée.


L’hémimysis de Lamorna

(Crustacé mysidé [])

Nom scientifique :
Hemimysis lamornae

Taille :
L’hémimysis de Lamorna est une crevette de très petite taille, sa longueur totale ne dépasse pas 1 cm chez les femelles. Les mâles sont plus petits encore.

Couleurs :
Même s’il peut virer vers l’orangé ou vers le rose chez certains individus, le rouge de la carapace reste caractéristique des hémimysis.

Où le trouver ?
L’hémimysis de Lamorna nage le plus souvent en bancs, à faible profondeur, à proximité de cavités dans lesquelles il s’abrite de ses prédateurs. C’est la nuit que l’hémimysis de Lamorna est surtout actif à la recherche du plancton [] dont il se nourrit principalement.

Hémimysis de Lamorna à Den Osse


Critères de reconnaissance :
Le repérage des hémimysis de Lamorna requiert un minimum d’attention. Vu leur petite taille, on les confond facilement avec de simples particules en suspension.

Les jeunes hémimysis de Lamorna se nourrissent surtout de phytoplancton []. Avançant en âge, ils consommeront de plus en plus de zooplancton []. Ils pourront même devenir détritivores [], on les voit à ce moment participer au dépeçage de cadavres de poissons.


Les amphipodes


Les caprelles

(Crustacé amphipode [])

Nom scientifique :
Caprella spp.

Taille :
Le corps, hors pattes et antennes, ne dépasse pas 1 à 2 cm de longueur.

Couleurs :
Les caprelles sont plutôt translucides avec une coloration générale plutôt rose ou rouge. Les yeux sont noirs.

Où les trouver ?
Les caprelles se déplacent peu et vivent la plupart du temps à la surface de l’algue, de la plante ou de l’animal sur lequel elles ont élu domicile. Agrippées par leurs dernières paires de pattes, elles se dressent aux extrémités de leur support et restent dans le courant sans bouger, prêtes à saisir au passage le zooplancton [] dont elles se nourrissent.

Caprelles à Wolphaartsdijk

Critères de reconnaissance :
Les caprelles se reconnaissent à leur corps allongé et filiforme qui leur donne une apparence squelettique. La tête est allongée et rétrécie vers l’arrière. Les antennes sont longues et fines, les segments du corps bien marqués. Quand elles sont agrippées à leur support, leur position est généralement verticale.

Les mâles sont nettement plus grands que les femelles. Celles-ci possèdent un marsupium []. Ce marsupium [] est formé par des plaques incubatrices situées sous leur abdomen. Les œufs y sont maintenus en sécurité pendant leur développement. Le marsupium assure une meilleure survie aux œufs et aux jeunes caprelles avant qu’elles deviennent indépendantes.


L’amphipode du Pacifique

(Crustacé amphipode [])

Nom scientifique :
Ericthonius didymus

Taille :
L’amphipode du Pacifique est un petit crustacé vivant en groupes denses. Chaque animal mesure au maximum 5 mm de longueur et vit dans un tube qu’il s’est construit en agglomérant des particules de vase.

Couleurs :
La coloration est brunâtre avec des taches sombres.

Où le trouver ?
Sur des supports solides dans des zones à fort hydrodynamisme

Amphipodes du Pacifique au Pont de Zélande

Critères de reconnaissance :
Les yeux exorbités sont rouges. Chaque animal porte deux paires d’antennes sur lesquelles on distingue des bandes orangées plus ou moins nettes.

Les mâles sont pourvus de grandes pattes griffues.

Originaire de l’océan Pacifique, cet amphipode [] a été découvert pour la première fois en Zélande à l’été 2021. Depuis, il a proliféré couvrant, notamment au Pont de Zélande, des substrats [] entiers.

D’autres amphipodes du genre Jassa se rencontrent aussi en Zélande. Les tubes des Jassa sont en général plus fins que ceux des Ericthonius alors que les animaux sont plus épais. Les antennes plus épaisses des Jassa ne portent pas d’anneaux orange foncé.


Les gammares

(Crustacé amphipode [])

Nom scientifique :
Gammarus spp.

Taille :
Le corps des mâles mesure généralement entre 1 et 2 cm de longueur. Les femelles sont plus petites.

Couleurs :
La couleur varie, selon les individus et selon les espèces, de la transparence presque cristalline jusqu’à un marron clair parfois verdâtre.

Où les trouver ?
A faible profondeur, cachés dans la végétation ou sous les pierres.

Gammare à Dreischor

Critères de reconnaissance :
Le corps est aplati sur les côtés, comme s’il avait été comprimé latéralement. L’allure générale semble recroquevillée ventralement. Les yeux ne sont pas portés par de longs pédoncules.

Si on excepte les amphipodes du Pacifique reconnaissables aux tubes caractéristiques qui les hébergent et dont il vient d’être question à la page précédente, l’identification précise en plongée des amphipodes n’est pas possible.

Les gammares ont un régime alimentaire varié et opportuniste. Selon les circonstances, ils sont détritivores [], herbivores, prédateurs ou charognards. Leur alimentation se compose de matière végétale fraîche ou en décomposition, d’algues, d’autres invertébrés et probablement de micro-organismes. Certains gammares sont également algivores [] et consomment des détritus adaptés à leur taille.


Les isopodes


Les idotées 

(Crustacé isopode [])

Nom scientifique :
Idotea spp.

Taille maximale :
3 cm de longueur pour la femelle et 4 cm pour le mâle.

Couleurs :
Les couleurs dominantes sont le vert et le marron. Des lignes longitudinales sont parfois présentes. Les femelles sont souvent plus foncées que les mâles.

Où les trouver ?
A très faible profondeur, à proximité de zones de sable fin. On peut parfois en trouver dans les laisses de mer, ces paquets d’algues que la mer abandonne sur le rivage quand elle se retire.

Idotée linéaire (Idotea linearis) à Den Osse

Autre idotée (Idotea sp.) à Polder Bommenede

Critères de reconnaissance :
Le corps est long et étroit, plutôt aplati dorso-ventralement. La deuxième paire d’antennes est très longue, mesurant presque les 2/3 de la longueur du corps. Les mâles sont pourvus de grandes pattes griffues.

Si les idotées se nourrissent de petits invertébrés vivant sur le fond, elles sont aussi détritivores [], se nourrissant également de détritus, aussi bien animaux que végétaux.

Les idotées, comme les autres isopodes [], muent en deux temps. D’abord, elles se séparent de l’arrière de leur carapace et, quelques jours plus tard, elles se séparent de l’avant.


Les cirripèdes


Les balanes 

(Crustacé cirripède [])

Nom scientifique :
Balanus spp. ou Semibalanus balanoides

Taille maximale :
La taille des balanes ne dépasse pas 15 mm de diamètre.

Couleurs :
Les plaques qui constituent la « muraille » des balanes sont de couleur gris sale, pouvant tirer sur le jaune.

Où les trouver ?
Les balanes colonisent les pierres, les roches, les piliers des ponts et les constructions portuaires, les coquillages, les coquilles des moules et la carapace des crustacés. Sur l’estran, on en trouve sur la plupart des substrats [] dégagés par la marée basse.

Balanes à Den Osse

Critères de reconnaissance :
Les plaques peuvent présenter des sillons longitudinaux marqués chez les jeunes individus. L’ouverture est large et en forme de losange.

Contrairement à la plupart des crustacés, les balanes adultes se fixent de manière permanente à un substrat [] dur. La muraille conique composée de plaques calcaires les protège des prédateurs et des conditions difficiles de la zone de balancement des marées.

La balane en activité ne peut être observée dans l’eau que lorsqu’elle ouvre sa coquille et expose ses appendices ramifiés pour attraper le plancton [] et les particules organiques qu’elle capture avec ses pattes portant de nombreuses soies.


La sacculine

(Crustacé cirripède [])

Nom scientifique :
Sacculina carcini

La sacculine est un crustacé qui parasite plusieurs espèces de crabes, notamment les crabes verts (Carcinus maenas) et les crabes nageurs (Polybius holsatus et Polybius navigator). Les mâles sont beaucoup plus parasités que les femelles.

A l’état adulte, la sacculine ne possède ni carapace, ni appendices, ni traces de segmentation, ni organes internes à l’exception des gonades [] et du système nerveux. Son appartenance à l’embranchement des arthropodes et au sous-embranchement des crustacés n’est révélée que par la morphologie de ses larves.

Crabe vert contaminé par la sacculine à Den Osse

La sacculine apparaît comme une sorte de sac légèrement aplati inséré dans l’espace entre l’abdomen et le céphalothorax [] du crabe. Initialement jaune ou orangé sa couleur évolue vers une teinte plus sombre, brunâtre ou brun noir chez les formes âgées. Sa taille atteint 26 mm. La sacculine est reliée à la face ventrale de l’abdomen du crabe parasité par un court pédoncule [] à partir duquel tout un réseau de filaments jaunes se répand dans tout le corps de l’hôte, y compris les appendices, à l’exception des branchies et du cœur. Ces filaments absorbent les éléments nutritifs dans le corps du crabe et les véhiculent jusqu’à la masse externe du parasite.


Le sous-embranchement des chélicérates


Les chélicérates constituent, à côté des crustacés, un autre sous-embranchement des arthropodes. Ils se caractérisent par la présence, autour de la bouche, d’appendices spécifiques utilisés pour l’alimentation ou la prédation. Ces appendices sont appelés des chélicères et ont donné leur nom au sous-embranchement.

On distingue trois classes principales parmi les chélicérates :

  • les arachnides (comme les araignées, les scorpions, les acariens…), qui dominent en milieu terrestre ;
  • les xiphosures (comme les limules), qui sont des organismes marins considérés comme des fossiles vivants ;
  • les pycnogonides (comme les araignées de mer), qui vivent essentiellement en milieu marin.

Bien qu’appartenant tous deux à l’embranchement des arthropodes, les crustacés et les pycnogonides constituent des groupes distincts avec des caractéristiques morphologiques et biologiques bien différenciées.

Les crustacésLes pycnogonides
Allure généraleLeur corps est généralement divisé en trois parties : la tête, le thorax et l’abdomen.
Ils possèdent un exosquelette [] souvent calcifié.
Le céphalothorax [] et l’abdomen sont réduits. Une trompe proéminente est utilisée pour l’alimentation, aspirant les fluides de proies molles.
AntennesIls possèdent généralement une paire d’antennes et une paire d’antennules [].Ils sont dépourvus d’antennes et d’antennules [].
AppendicesLeurs appendices se divisent en deux branches. Ils possèdent diverses paires d’appendices spécialisés pour la locomotion, l’alimentation et la respiration.Près de la bouche, une paire d’appendices en forme de pinces sert à l’alimentation.
Quatre paires de longues pattes marcheuses.

Une caractéristique unique est la présence, chez les mâles (et parfois les femelles), de pattes ovigères [] pour transporter les œufs.
RespirationLa respiration est principalement branchiale.Pas d’organes respiratoires spécialisés ; les échanges gazeux se font directement à travers la surface du corps.
Organes internesLes organes internes sont contenus dans la cavité principale du corps.En raison de la petite taille du corps, des diverticules [] des organes digestifs et reproducteurs s’étendent jusque dans les pattes.
ReproductionLa plupart des crustacés ont des sexes séparés et le développement larvaire est courant.

Les femelles portent généralement les œufs.
Les sexes sont séparés. Ce sont principalement les mâles qui incubent les œufs sur leurs pattes jusqu’à l’éclosion.

L’araignée à bande brune

(Arthropode chélicérate [])

Noms scientifiques :
Ammothea hilgendorfi (?)

Taille adulte :
La tête mesure 1,8 mm de longueur. Le tronc de 1.5 mm présente trois sutures et l’abdomen, en position perpendiculaire par rapport au tronc, mesure 0.5 mm de longueur.

Couleurs :
Le corps est brun rougeâtre. La face dorsale est plus foncée et présente une bande brune. Les pattes sont tachetées de points blancs.

Où les trouver ?
Depuis les rochers de l’estran [] découverts à marée basse jusque dans les premières zones de fucus constamment immergés.

Araignée à bande brune au Pont de Zélande

Araignée à bande brune femelleportant ses œufs sous elle

Critères de reconnaissance :
Les pattes présentent deux ou trois griffes terminales. Les araignées à bande brune vivent souvent en groupe.

Malgré son nom vernaculaire [], l’araignée à bandes brunes n’est pas une vraie araignée mais un pycnogonide !

Originaire des côtes tropicales et septentrionales du Pacifique, présente depuis 2013 dans les eaux maritimes belges, cette « araignée » vient d’être repérée en Zélande. Elle est réputée invasive et fait l’objet de recherches par l’Université de Mons. L’identification précise Ammothea hilgendorfi fait encore débat entre les spécialistes et d’autres espèces proches comme Nymphon brevirostre pourraient également être présentes en Zélande.


La beauté des arthropodes