8 : Les annélides, plathelminthes et némertes

8 : Les annélides, plathelminthes et némertes

Table des matières de ce fascicule
(cliquez pour accéder directement)



L’embranchement des annélides

Les annélides regroupent des animaux dont le corps de section circulaire est constitué de segments répétitifs qu’on appelle des métamères.

En Zélande, les annélides que nous rencontrerons appartiennent très majoritairement à la classe des polychètes. Chaque segment porte une paire de parapodes. Ce sont des appendices charnus munis de nombreuses soies [] qui servent à la fois pour la locomotion et la respiration. Dans leur grande majorité, les polychètes sont sédentaires, ils vivent en permanence dans un tube de protection qu’ils se sont construits. Quelques-uns sont errants et se déplacent librement.

Une annélide polychète errante, un néréis vert mâle (Alitta virens) photographié à Wemeldinge Linda en période de reproduction

Une annélide polychète errante, un néréis vert mâle (Alitta virens) photographié à Wemeldinge Linda en période de reproduction

Des annélides polychètes sédentaires, des sabelles paons (Sabella pavonina) photographiées au Pont de Zélande

Des annélides polychètes sédentaires, des sabelles paons (Sabella pavonina) photographiées au Pont de Zélande


Les vers errants


Le néréis vert 

(Polychète [] errant)

Nom scientifique :
Alitta virens

Taille :
Le corps qui peut compter plus de 200 segments [] mesure au maximum 30 cm de longueur et 15 mm de largeur.

Couleur :
Le corps est vert foncé avec une irisation bleuâtre plus ou moins prononcée. Des franges jaunes ou jaunâtres sont parfois visibles sur les appendices. Les mâles sont bleus en période de reproduction.

Où le trouver ?
Sur l’estran [] à marée basse ou dans les premiers mètres de profondeur, sur des substrats sableux ou sablo-vaseux, sous les pierres sous lesquelles le néréis se construit un réseau complexe de galeries possédant plusieurs ouvertures.

Néréis vert à Dreischor

Néréis vert à Dreischor

Néréis vert

Critères de reconnaissance :
Seul polychète de la famille des Nereididae présent en Zélande, le néréis vert ne peut être confondu avec aucune autre annélide.

L’observation des néréis verts en Zélande est facilitée d’avril à juin pendant la période de reproduction.

A ce moment, les mâles quittent leurs galeries et se dirigent vers une galerie occupée par une femelle. N’espérez cependant pas assister à la danse nuptiale que le mâle effectue avant le lâcher de ses spermatozoïdes, elle s’effectue à l’abri des regards dans l’intimité du terrier !


L’annélide à bandes bleues

(Polychète [] errant)

Nom scientifique :
Oxydromus flexuosus

Taille :
Le corps compte entre 50 et 60 segments [] et mesure au maximum 7 cm de longueur pour 4 mm de largeur.

Couleur :
La face supérieure est brun foncé mais, tous les 3 à 7 segments [], le suivant est entièrement clair. Les extrémités sont blanches.

Où le trouver ?
Sur l’estran [] à marée basse, sous les pierres, ou sur les fonds vaseux riches en débris de coquilles, ou dans les crampons d’algues. Ce polychète est visible au printemps pendant la période de reproduction. Les individus sortent alors de la vase et se défont de leur gangue de mucus pour ensuite libérer ovules et spermatozoïdes.

Annélide à bandes bleues à Dreischor

Annélide à bandes bleues à Dreischor

Annélide à bandes bleues

Critères de reconnaissance :
La répétition régulière des segments [] clairs et les deux extrémités blanches facilitent la reconnaissance de ce polychète.

La tête porte 4 yeux rouges, la paire d’yeux antérieurs étant plus développée. La tête porte également 3 antennes. Les deux antennes latérales sont plus longues que la médiane.

Dérangé, ce polychète est capable de nager en pleine eau. Stressé, il devient pâle et ne reprend sa couleur habituelle que lorsqu’il est à nouveau détendu.


Les phyllodoces

(Polychètes [] errants)



Nom scientifique :
Phyllodocidae spp.

Où les trouver ?
La plupart des phyllodoces vivent dans ou à la surface des sédiments marins, bien que certaines espèces puissent être trouvées en pleine eau. Quelques espèces peuvent être également rencontrées à marée basse dans le sable vaseux, parmi les moulières et sous les pierres.

Phyllodocidae sp. à Dreischor

Phyllodocidae sp. à Dreischor

Phyllodoces déposant leurs pontes à Dreischor

Phyllodoces déposant leurs pontes à Dreischor

Critères de reconnaissance :
Les phyllodoces sont caractérisés par un corps segmenté constitué de très nombreux segments, une tête bien développée portant des antennes, des yeux et des cirres [] tentaculaires, une trompe réversible dépourvue de mâchoires et généralement utilisée pour la prédation.

La couleur du corps est très variable selon les espèces. Le printemps est la meilleure saison pour observer ces polychètes.

Le nom de la famille, Phyllodocidae, et le nom vernaculaire, Phyllodoce, viennent de la mythologie grecque. Phyllodocé était l’une des Néréides, les cinquante nymphes de la mer, filles du dieu Nérée et de l’océanide Doris.

C’est un nom poétique et approprié pour ces vers marins.


Les Léocrates

(Polychètes [] errants)

Nom scientifique :
Leocrates spp.

Le genre Leocrates est l’un des 32 genres constituant la famille des Hésionidés qui, elle-même, fait partie de la sous-classe des Polychètes errants.

Critères de reconnaissance :
Reconnaître un polychète du genre Leocrates parmi d’autres polychètes marins est complexe car l’identification précise repose sur des caractéristiques morphologiques fines qui nécessitent un examen microscopique.

Leocrates sp. à Dreischor

Leocrates sp. à Dreischor

Leocrates sp.




Cependant, les quelques caractéristiques suivantes pourront vous aider :

  • L’apparence générale : le corps est généralement robuste et sa couleur peut varier du rose pâle au marron.
  • La tête porte deux antennes latérales et une antenne médiane, une paire de palpes [] composés de deux segments [] avec une base large et une extrémité plus petite et émoussée et deux paires d’yeux de couleur sombre (noir ou brun) disposés de manière trapézoïdale.
  • Les cirres [] tentaculaires dorsaux sont souvent plus longs que la largeur du corps.

En raison de la grande variété des espèces au sein du genre Leocrates, l’identification précise des espèces reste un travail d’expert.


Les vers sédentaires


Le ver de l’hiver 

(Polychète [] sédentaire)

Nom scientifique :
Flabelligera affinis

Taille :
Le corps compte une cinquantaine de segments [] et mesure au maximum 6 cm de longueur.

Couleur :
Le corps de coloration verdâtre est parsemé de points blancs et enveloppé par une couche de mucus [] transparent.

Où le trouver ?
Sur l’estran [] à marée basse ou dans les premiers mètres de profondeur, à la surface des sédiments vaseux mais aussi sur les fonds rocheux, sous les pierres, dans les creux et les fissures.

Vers de l’hiver à Dreischor

Vers de l’hiver à Dreischor

Vers de l’hiver

Critères de reconnaissance :
Des points blancs sont visibles sur la plus grande partie du corps. Ce dernier est enveloppé par une couche de mucus [] transparent auquel adhérent de nombreuses particules minérales procurant un camouflage efficace.

Longtemps, on a pensé que Flabelligera affinis était une seule espèce répandue dans les eaux froides et tempérées du monde entier. Or, en 2012, Salazar-Vallejo a démontré que plusieurs espèces se cachaient sous le même nom ! Plus récemment, des études génétiques ont révélé que l’espèce identifiée comme Flabelligera affinis dans les eaux japonaises correspond au moins à cinq espèces différentes !


Le ver plumeux

(Polychète [] sédentaire)

Nom scientifique :
Pherusa plumosa

Taille :
L’adulte comprend une cinquantaine de segments [] et mesure le plus souvent entre 4 et 5 cm de longueur.

Couleur :
Le tube a la couleur des particules de sable et des débris de coquillage amalgamés avec le mucus [] transparent.

Où le trouver ?
Jusqu’à 15 m de profondeur, sur des fonds vaseux. À marée basse, dans des crevasses rocheuses vaseuses, parmi les moules ou sous des pierres.

Vers plumeux à Dreischor

Vers plumeux à Dreischor

Vers plumeux

Critères de reconnaissance :
Huit grands tentacules de couleur verte émergent du tube. Ce ne sont pas des tentacules au sens habituel du terme : ils ne captent pas la nourriture et ne sont pas des organes sensoriels. Il s’agit en réalité de branchies.

Le ver plumeux possède également deux autres tentacules servant à attraper de la nourriture. Ces tentacules sont appelés palpes []. Les palpes dépassent vers l’extérieur et sont situés juste à côté des branchies mais on les différencie facilement. Les palpes [] sont très souples, contrairement aux branchies qui sont assez charnues et inflexibles.


Le Lanice

(Polychète [] sédentaire)

Nom scientifique :
Lanice conchilega

Taille :
Le tube du lanice peut mesurer jusqu’à 30 cm de longueur mais sa plus grande partie est enfouie dans le substrat. Seuls les quelques centimètres de la partie supérieure émergent du substrat [].

Couleur :
Elle varie du jaunâtre au brun avec parfois des nuances de rose. Les tentacules sont de couleur pâle et les branchies, quand elles sont visibles, sont rouges.

Où le trouver ?
Le lanice vit dans les fonds sableux ou vaseux d’où émergent les tubes. On rencontre parfois des regroupements denses d’individus connus sous le nom de « gazon à lanices ».

Lanice à Dreischor

Lanice à Dreischor

Lanice

Critères de reconnaissance :
Le tube est droit et constitué d’un mucus [] qui durcit, renforcé de grains de sable et de fragments de coquilles. Il se poursuit par une partie ramifiée également constituée de grains de sable agglomérés avec du mucus [].

Le corps des plus grands individus compte jusqu’à 300 segments [] dont la majeure partie n’est pas visible.

La zone ramifiée qui dépasse du tubesert à la fois à la protection contre les prédateurs et à la capture des particules alimentaires dont l’animal se nourrit.


L’amphitrite de Johnston

(Polychète [] sédentaire)

Nom scientifique :
Amphitrite figulus

Taille :
Le corps de l’amphitrite de Johnston n’est jamais visible. Il comprend une centaine de segments et peut mesurer jusqu’à 25 cm de longueur pour un diamètre de 1 à 2 cm. Les longs filaments branchiaux mesurent entre 1 et 2 mm de diamètre. Ils se rétractent immédiatement à la moindre alerte.

Couleur :
Elle varie selon les individus entre le jaune grisâtre et le brun.

Où la trouver ?
Cette espèce vit dans les fonds vaseux ou sablo-vaseux, rarement dans du sable pur.

Filaments d’amphitrite à Dreischor

Filaments d’amphitrite à Dreischor

Agrandissement d’un tentacule d’amphitrite

Agrandissement d’un tentacule d’amphitrite

Critères de reconnaissance :
Profondément enfoui dans le substrat, le tube est constitué d’une fine couche de mucus incrustée de sédiment. Le corps est allongé et massif, les filaments branchiaux nombreux et très longs.

En plus de l’amphitrite de Johnston, d’autres espèces proches sont aussi présentes en Zélande. C’est le cas de l’amphitrite gracile, plus petite que l’amphitrite de Johnston.

C’est aussi le cas d’autres genres de polychètes très ressemblants, comme notamment les térébelles.

La détermination précise de ces polychètes, surtout sur à partir d’une photo, nécessite donc prudence et réserve !


La sabelle paon 

(Polychète [] sédentaire)

Noms scientifiques :
Sabella pavonina

Taille :
Le panache branchial [] mesure environ 10 cm de diamètre et l’individu lui-même atteint généralement 10 à 25 cm de longueur.

Couleur :
La couleur du panache branchial [] est très variable, souvent composée de rayures brun-orangé, violettes ou blanches, parfois avec des bandes transversales brun-rougeâtre foncé.

Où la trouver ?
A moins de 25 m de profondeur, dans les zones vaseuses ou dans les sables mélangés de vase et de cailloux.

Sabelle paon à Oesterdam

Sabelle paon à Oesterdam

Sabelle paon

Critères de reconnaissance :
Le panache branchial [] est généralement en forme d’entonnoir simple, composé de deux demi-couronnes semi-circulaires. Les filaments plumeux ne sont pas spiralés, ou très peu.

Les tubes membraneux et lisses sont fabriqués à partir de particules de vase agglomérées par du mucus [].

La sabelle paon est sensible aux vibrations et aux variations de lumière qui se produisent dans son environnement. Elle se rétracte instantanément dans son tube au moindre éclair de flash ou au moindre mouvement d’eau créé par un plongeur qui l’approche.


La sabelle bleue

(Polychète [] sédentaire)

Noms scientifiques :
Bispira polyomma

Taille :
Le tube de couleur grisâtre mesure environ 5 mm de diamètre. Le panache branchial [] compte entre 32 et 40 radioles [] et mesure 2 à 3 cm de diamètre. A l’intérieur du tube, le corps du ver est jaunâtre avec des points noirâtres et mesure 2 cm de long sur 6 mm de large.

Couleur :
La couleur du panache branchial [] varie selon les indidus mais se situe toujours entre le gris bleuté et le bleu profond.

Où la trouver ?
Jusqu’à 10 m de profondeur, sur les substrats durs auxquels adhèrent les tubes.

Sabelles bleues au Pont de Zélande

Sabelles bleues au Pont de Zélande

Sabelles bleues

Critères de reconnaissance :
Le panache branchial [] bleu ou bleuté est constitué de 2 lobes semi-circulaires portant chacun entre 16 et 20 radioles []. Chaque radiole [] porte une alternance de zones bleutées et de zones plus claires.

Comme tous les polychètes [] sédentaires, la sabelle bleue est un animal filtreur suspensivore []. Les radioles [] sont garnies de cils recouverts d’un mucus [] adhérent qui permet la collecte des particules alimentaires. Les battements des cils amènent ensuite les particules alimentaires vers la bouche.


La serpule triangulaire

(Polychète [] sédentaire)

Noms scientifiques :
Spirobranchus triqueter

Taille :
Le tube calcaire blanc et lisse est de section triangulaire et mesure environ 3 mm de côté. La longueur des tubes est comprise entre 15 et 30 mm.

Couleur :
Selon les individus, le panache branchial [] est tantôt blanc, tantôt mauve, tantôt rouge, tantôt orangé et tantôt bleu.

Où la trouver ?
Les serpules triangulaires se fixent solidement à des supports rigides variés (fonds rocheux, coquilles vides de mollusques, carapaces de crustacés, coques de bateaux, bouées, …) dans des eaux peu profondes avec des courants faibles à modérés.

Serpule triangulaire à Den Osse

Serpule triangulaire à Den Osse

Tube de serpule triangulaire

Tube de serpule triangulaire



Critères de reconnaissance :
Le tube calcaire lisse de couleur blanche, de section triangulaire et quasiment soudé à son support sur toute sa longueur ainsi que la présence d’une petite épine calcaire ne laisse aucun doute sur l’identification de l’espèce.

Les deux demi-panaches sont composés chacun de 18 à 20 grosses radioles [] courtes, réunies à leur base. Ces radioles peuvent être retractées entièrement à l’intérieur du tube lui-même refermable par un opercule.

Le nombre de segments de la serpule triangulaire augmente avec l’âge.

La dénomination Pomatoceros triqueter que l’on trouve encore dans nombre de références plus anciennes n’est plus reconnue valide aujourd’hui.


L’hydroïde d’Ezo

(Polychète [] sédentaire)

Noms scientifiques :
Hydroides ezoensis

Taille :
Le tube calcaire fixé sur un support solide mesure environ 3 mm de diamètre. Il est blanc, épais et massif. A l’intérieur du tube, le corps atteint une longueur maximale de 45 mm.

Couleur :
Le panache branchial [] est composé de deux parties semi-circulaires, chacune comportant de 14 à 26 radioles []. Celles-ci sont violacées, rayées de blanc, d’orange, de feu ou de brun.

Où le trouver ?

Les juvéniles se fixent sur des substrats [] durs tels que des rochers, des coquillages, des pilotis, des quais, des jetées, des bouées et même des coques de bateau.

Hydroïdes d’Ezo à Dreischor

Hydroïdes d’Ezo à Dreischor

Hydroïdes d’Ezo à Dreischor

Critères de reconnaissance :
Généralement blanc, le tube porte néanmoins des bandes violettes, blanches, orange, brunes ou beige. Il présente de nombreuses stries transversales de croissance. Le tube peut être fermé par un opercule (la petite massue pendante visible sur le côté du ver de droite de la photo ci-dessus). En Zélande, seul l’hydroïde d’Ezo possède un opercule présentant cette forme.

Ezo n’évoque pas le nom du biologiste qui aurait, le premier, décrit ce ver. Ezo est le nom traditionnel de l’île japonaise d’Hokkaido d’où ce ver est originaire


L’euchone des vases

(Polychète [] sédentaire)

Nom scientifique : Euchone limnicola

Taille :
Le tube de l’euchone des vases mesure au maximum 12 mm de hauteur.

Couleur :
Le tube est brun foncé et contient de nombreuses particules sédimentaires amalgamées par du mucus []. Le panache branchial [] est plus ou moins bleuté selon les individus.

Où la trouver ?
Au niveau des substrats meubles, vase ou sable vaseux.

Euchone des vases à Dreischor

Euchone des vases à Dreischor

Euchone des vases




Critères de reconnaissance :
Avec 7 paires de radioles [], l e panache branchial [] est réduit par rapport aux autres polychètes tubicoles [] de Zélande.

Décrite scientifiquement pour la première fois en 1959, l’euchone des vases est originaire du nord de l’océan Pacfique. Elle a d’abord colonisé le sud-est de l’Australie et les îles de Tasmanie et de Nouvelle-Zélande. En Europe, elle a d’abord été observée dans les ports maritimes de Dunkerque en 2015 et du Havre en 2016 avant d’être repérée récemment en Zélande.

Le commerce maritime mondial semble être un vecteur privilégié de l’expansion de l’euchone des vases. Outre les espèces qui se fixent sur la coque des bateaux, les eaux de ballast que contiennent les grands cargos vides peuvent contenir un nombre impressionnant d’espèces différentes.


La queue de pipe

(Polychète [] sédentaire)

Nom scientifique :
Lagis koreni

Taille :
Le corps peut atteindre une longueur de 6 cm. Le tube peut mesurer jusqu’à 8 cm de long. Il est ouvert aux deux extrémités, évasé du côté de la tête et parfois légèrement courbé.

Couleur :
Le corps est blanc irisé de rose et les branchies sont rouge carmin.

Où la trouver ?
On observe cette espèce au niveau des fonds sableux ou sablo-vaseux généralement à faible profondeur.

Queues de pipe à Geersdijk

Queues de pipe à Geersdijk

Queues de pipe

Critères de reconnaissance :
Les tubes, orientés à l’envers, forment un angle de 45° à 90° par rapport à la surface du substrat []. L’extrémité antérieure est la plus large des deux et elle est orientée vers le bas.

Cette ouverture large, bien visible sur la photo ci-contre, peut être refermée par deux faisceaux de soies [] qui font office d’opercule quand l’animal rentre dans son tube.

Lagis koreni porte le nom vernaculaire de « Queue de pipe » selon Doris mais il porte celui de « Ver trompette » selon Wikipédia.

En l’absence de toute uniformisation des noms vernaculaires, faites votre choix !


Le ver blanc australien

(Polychète [] sédentaire)

Nom scientifique :
Ficopomatus enigmaticus

Taille :
Le ver blanc australien mesure généralement de 2 à 2,5 cm de longueur mais certains individus peuvent atteindre jusqu’à 4 cm de longueur. Le tube calcaire atteint jusqu’à 10 cm de longueur pour quelques mm de largeur.

Couleur :
Les panaches branchiaux [] sont de couleur grise, verte ou brune. Les tubes sont blancs mais ils brunissent avec l’âge.

Où le trouver ?
Souvent à moins de 3 m de profondeur dans des zones protégées de l’action des vagues, sur des lits de roches ou de coquillages, sur des constructions telles que des pilotis, des quais, des jetées, des marinas ou des coques de bateaux.

Vers blancs australiens à Geersdijk

Vers blancs australiens à Geersdijk

Vers blancs australiens


Critères de reconnaissance :
Cette espèce tubicole est grégaire et forme des amoncellements de tubes parfois très denses.

Le ver blanc australien est une espèce à croissance rapide qui peut modifier physiquement, chimiquement et biologiquement son environnement. Il supplante alors la faune indigène et épuise les nutriments étant donné qu’il se nourrit par filtration.


Les spionidés

(Polychètes [] sédentaires)

Noms scientifiques :
Polydora ciliata et Pseudopolydora paucibranchiata

Polydora ciliata et Pseudopolydora paucibranchiata appartiennent à la famille des spionidés et à l’ordre des Spionida. Ce sont des vers de taille modérée, mesurant généralement de 10 à 30 mm de longueur, au corps allongé et segmenté. La caractéristique la plus notable des spionidés est la présence d’une paire de palpes [] nourriciers très mobiles et rainurés, situés sur les côtés de la tête.

Où les trouver ?
Les spionidés vivent généralement au niveau des fonds sableux ou vaseux à la surface desquels on verra émerger les tubes dont la paroi est souvent recouverte de sédiment.

Pour les observer, il faut rechercher des zones sableuses qui semblent avoir de petites irrégularités ou des tubes peu distincts qui dépassent de la surface du substrat [].

Des Polydora ciliata photographiés au Pont de Zélande 

Des Polydora ciliata photographiés au Pont de Zélande 

Des Pseudopolydora paucibranchiata photographiés à Dreischor

Des Pseudopolydora paucibranchiata photographiés à Dreischor

Les bancs de moules et d’huîtres hébergent aussi certaines espèces du genre Polydora qui sont connues pour percer les coquilles calcaires. Dans les zones où les bancs de moules et d’huîtres sont abondants, vous pourriez trouver ces vers vivant à l’intérieur des coquilles, leurs tubes dépassant par de petits trous à la surface de la coquille.

Le plus souvent, on ne voit pas le corps de l’animal lui-même, il reste caché dans son tube. La meilleure façon de les repérer est de chercher leur paire de palpes [] nourriciers caractéristiques. Ce sont les longs filaments fins, souvent blancs ou translucides, qui sortent du tube et ondulent dans l’eau pour capturer de la nourriture. Les palpes [] sont très délicats et méritent une observation attentive.

Comment différencier Polydora ciliata et Pseudopolydora paucibranchiata ?

Polydora ciliata
Les scientifiques fondent leurs identifications notamment sur le cinquième segment et la position des branchies. Plus modestement, nous constaterons seulement que les palpes [] de Polydora ciliata ne présentent pas de coloration.

Sur un support composé de sable ou de vase, l’identification Polydora ciliata est alors probable. Sur un support calcaire, l’identification Polydora calcarea est également possible.




Pseudopolydora paucibranchiata
Les scientifiques fondent leurs identifications notamment sur le cinquième segment et la position des branchies.

Plus modestement, nous constaterons seulement que les palpes [] de Pseudopolydora paucibranchiata présentent une alternance régulière de segments blancs et noirs sur toute leur longueur.


L’arénicole des pêcheurs

(Polychète [] sédentaire)

Nom scientifique :
Arenicola marina

Taille :
L’arénicole des pêcheurs adulte mesure le plus souvent une quinzaine de cm de longueur mais des individus plus longs, jusqu’à 25 voire 30 cm, peuvent parfois être observés.

Couleur :
Selon les individus, elle varie du jaune verdâtre au rouge, rose orangé ou noirâtre.

Où la trouver ?
L’arénicole des pêcheurs creuse une galerie en forme de U dans des substrats [] sableux ou sablo-vaseux dont les particules sont de taille moyenne.

Arénicoles des pêcheurs extraites de leurs galeries près de Kattendijke

Arénicoles des pêcheurs extraites de leurs galeries près de Kattendijke

Arénicoles des pêcheurs

Une petite dépression du sédiment (dépression d’alimentation) marque le sommet du U tourné vers la tête alors que le sommet du U tourné vers l’anus se matérialise par la présence d’un tortillon de sable, le turricule.

En effet, l’animal ingère du sable par la bouche, en récupère la matière organique et rejette par son anus un tortillon de sable pur.

Critère de reconnaissance : L’arénicole des pêcheurs ne quittant pas sa galerie, c’est par l’observation de dépressions d’alimentation et de turricules qu’il est seulement possible de repérer cette espèce.


L’embranchement des plathelminthes


Les plathelminthes sont des animaux à corps mou, non segmenté et aplati dorso-ventralement. Cette forme leur permet de maximiser les échanges gazeux par simple diffusion à travers la peau, en l’absence de système respiratoire ou circulatoire.

Les plathelminthes de Zélande sont des espèces vagiles [] qui se déplacent en nageant ou en rampant grâce à des cils vibratiles situés sur leur face ventrale. Carnivores [] ou détritivores [], ils se nourrissent de petites proies, de débris organiques ou du film biologique recouvrant les substrats []. Le ver plat marron tacheté est le plathelminthe emblématique de Zélande. Il existe deux autres espèces de plathelminthes de taille plus petite mais il est rarissime de les croiser en plongée.

Plathelminthes : des vers plats marrons tachetés Pseudoceros sp.(?) ou Phrikoceros sp.( ?) photographiés au Pont de Zélande
Plathelminthes : des vers plats marrons tachetés Pseudoceros sp.(?) ou Phrikoceros sp.( ?) photographiés au Pont de Zélande

Ci-dessus deux plathelminthes : des vers plats marrons tachetés Pseudoceros sp. (?) ou Phrikoceros sp. ( ?) photographiés au Pont de Zélande


Le ver plat marron tacheté

(Plathelminthe)

Nom scientifique :
Pseudoceros sp. (?) ou Phrikoceros sp. ( ?)

Taille :
La taille moyenne est comprise entre 4 et 5 cm de longueur pour 5 mm d’épaisseur.

Couleur :
Variable, généralement marron ou brun foncé, ponctuée de blanc.

Où le trouver ?
Le plus souvent, sous les pierres des fonds rocheux, de la surface jusqu’à 25 m de profondeur.

Ver plat marron tacheté au Pont de Zélande

Ver plat marron tacheté au Pont de Zélande

Ver plat marron tacheté



Critères de reconnaissance :
Le ver plat marron tacheté ne peut être confondu avec aucune autre espèce proche. Les organismes les plus ressemblants sont les nudibranches. Les plathelminthes s’en distinguent car ils n’ont jamais de panache branchial [] externe. Leur corps est mou et flasque alors que celui des nudibranches est plus épais et se contracte au toucher.

L’arrivée de ce plathelminthe en Zélande est récente et son identification n’est pas encore certaine. Des recherches en cours portant sur l’ADN devraient permettre d’y voir plus clair à l’avenir et d’identifier correctement cette espèce.

Les plathelminthes ont une extraordinaire capacité de régénération : ils peuvent reconstituer une partie manquante et même se diviser en deux et donner naissance à deux individus exactement identiques.


L’embranchement des némertes

Les némertes, souvent appelés « vers rubans » en raison de leur forme allongée et aplatie latéralement, constituent un embranchement fascinant du règne animal. Leur corps est mou et non segmenté, souvent très coloré, affichant des teintes vives de rouge, vert, orange ou brun.

L’une des caractéristiques les plus distinctives des némertes est leur trompe appelée proboscis. Cette structure tubulaire peut être rapidement projetée vers l’extérieur pour la capture des proies. Chez de nombreuses espèces, le proboscis est armé d’un stylet empoisonné ou de glandes qui produisent des substances collantes ou toxiques pour immobiliser la proie. Après la capture, la trompe est rétractée et la proie est ensuite ingérée.

Coupe schématique d’un némerte
Coupe schématique d'un némerte

Le système digestif des némertes est complet, avec une bouche, un intestin et un anus. C’est l’une des caractéristiques qui les différencient des plathelminthes qui possèdent un système digestif incomplet.

Le système circulatoire est composé de vaisseaux longitudinaux qui peuvent être contractiles, mais il est généralement considéré comme un système ouvert car le sang n’est pas toujours confiné dans des vaisseaux clos. Il n’y a pas de cœur distinct.

Bien qu’il ne soit pas comparable à la complexité du cerveau d’un vertébré ou même d’un arthropode, le système nerveux des némertes est une étape importante dans l’évolution vers une concentration des organes sensoriels et nerveux dans la tête. Les ganglions cérébraux qui le composent sont relativement bien développés par rapport à d’autres embranchements.

Les némertes possèdent des organes sensoriels variés, dont des ocelles (des taches oculaires) en nombre variable, des fossettes sensorielles et, chez certaines espèces, des statocystes [] qui contribuent à assurer l’équilibre de l’organisme.

Chez la plupart des némertes, il y a des individus mâles et des individus femelles distincts. La fécondation est généralement externe, les gamètes étant libérés dans la colonne d’eau. Les némertes sont principalement des prédateurs carnivores qui se nourrissent de polychètes [], de crustacés, de mollusques et d’autres petits invertébrés. Ils jouent un rôle important dans les écosystèmes marins en tant que maillon de la chaîne alimentaire, contribuant à réguler les populations de leurs proies. Certaines espèces sont des commensaux [] ou des parasites d’autres organismes marins.


Le tubulanus 

(Némerte)

Nom scientifique :
Tubulanus superbus

Taille : La longueur de ce némertedépasse parfois 1 m mais la largeur ne dépasse guère 5 mm.

Couleur : Selon les individus, la coloration est rouge vif, brun rougeâtre ou brun foncé avec des lignes blanches ou jaunâtres et des anneaux blancs ceinturant le corps.

Où le trouver ?
Le plus souvent, sur les fonds sableux ou sablo-vaseux et sous les pierres des fonds rocheux, de la surface jusqu’à 15 m de profondeur.

Tubulanus au Pont de Zélande

Tubulanus au Pont de Zélande

Tubulanus

Tubulanus dévorant une annélide sédentaire dans son tube

Critères de reconnaissance :
Les 4 lignes latérales blanches allant jusqu’à la tête sont caractéristiques.

Les trois anneaux près de la tête sont largement espacés tandis que les anneaux postérieurs sont plus serrés les uns contre les autres.

Lorsque le tubulanus rencontre une proie, il dévagine sa trompe qui s’enroule autour de la proie. Cette dernière est alors immobilisée par le mucus [] et les toxines sécrétées par le ver. Elle sera ensuite avalée en entier. Si elle est trop grosse, des sucs digestifs sont sécrétés dessus et les tissus semi-digérés sont aspirés par la bouche.


Le ver lacet 

(Némerte)

Nom scientifique :
Lineus longissimus

Taille :
La détermination de la longueur exacte du ver lacet est difficile car ce ver semble capable de grandes extensions. Il ne mesure toutefois que 5 à 10 mm de diamètre.

Couleur :
La couleur varie du vert ou marron foncé chez les jeunes individus au noir velouté chez les animaux plus âgés, et présente parfois une légère irisation. Des lignes dorsales plus claires peuvent être visibles, surtout dans la partie antérieure du corps. La tête est de couleur pâle ou blanchâtre.

Ver lacet à Scharendijke

Ver lacet à Scharendijke

Ver lacet

Où le trouver ?
A très faible profondeur, pelotonné sur le sable, sur la vase ou sous des blocs rocheux. On le trouve aussi au niveau l’estran [], dans les flaques laissées à marée basse, emmêlé entre les crampons des algues.

Critères de reconnaissance :
Aucune confusion n’est possible avec un autre « ver » de Zélande.
Le ver lacet, le plus long némerte connu, peut atteindre entre 10 et 15 m de longueur et la littérature scientifique fait même référence à des spécimens mesurant plus de 30 m de longueur.

Le mucus [] du ver lacet est malodorant et extrêmement toxique pour les proies, il est cependant inoffensif pour les humains.


La beauté des annélides, des plathelminthes et des némertes